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The Witcher 2 : Assassins of Kings

The Witcher 2 : Assassins of Kings

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" Le meilleur RPG de l'année. " Voici une appellation qui fait rêver. Surtout que depuis les dernières années, les prétendants au titre se sont pratiquement tous gaufrés lamentablement. Certes, je pourrais pointer du doigt le corps encore fumant de Dragon Age 2 en ricanant, mais loin de moi l'idée de tirer sur l'ambulance. Du coup, on va se recentrer sans plus attendre sur le titre qui s'apparente le plus à la Rolls-Royce de l'année : j'ai nommé The Witcher 2 : Assassins of Kings.

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Promenade champêtreA la fin de l'année 2007, les joueurs PC accueillaient à bras ouverts The Witcher. On se souvient surtout de son ambiance enivrante, en plus de sa réalisation magistrale, le tout avec de minces défauts dus à la jeunesse de son développeur polonais, CD Projekt. Je sais que l'on vous l'a rabâché ça sans cesse, mais cet épisode est celui de la maturité. Mais attention, maturité ne veut pas dire gros mamelons, centaines d'insultes toutes plus grasses les unes que les autres, ou fontaines d'hémoglobine (bon d'accord, c'est aussi le cas), mais à la différence d'un beat'm all, ou des autres titres qui se veulent matures, The Witcher 2 : Assassins of Kings le fait au service de l'histoire et non simplement pour le fun.

Pour preuve, j'invoque la carte de l'intrigue et plus particulièrement des outils utilisés pour l'immersion. Au début de l'aventure, on rejoint Géralt avant l'attaque d'un château. Les derniers ordres de l'assaut sont donnés par le roi et on ressent autour de nous l'omniprésence de la peur couplée à une impatience d'en finir avec cette guerre. L'instructeur motive ses troupes avec un subtil " ne vous faites pas butter comme des corniauds ", les balistes entourent l'immense citadelle, le camp de base est crasseux et les forces spéciales du Roi se tiennent prêtes à tenter une percée silencieuse dans le camp adverse. Aucun doute possible, nous sommes au coeur de la reconstitution d'une bataille médiévale. Tout au long du premier Acte, alors que la magie est encore en retrait, l'obscurantisme du Moyen Age est omniprésent : les paysans sont ignorants, les tavernes gorgées d'événements illégaux et/ou d'ivrognes qui témoignent de la brutalité de l'époque, les nobles sont corrompus et tout ce qui ne rentre pas dans la case de la normalité est pendu haut et court. La différence n'a pas de place, la méfiance est de mise.

Aussi, The Witcher 2 ne se borne pas à nous faire incarner un énième sauveur du monde des RPG classiques. Le monde est rustre et tous les acteurs que vous croiserez dans votre progression contribuent à sa perte d'une façon ou d'une autre. Autant se fondre au milieu de ces querelles qui n'en finiront de toutes façons jamais et tenter de démêler ses propres maux. La voici la différence entre The Witcher et le reste des jeux du genre. Au cours des nombreux dialogues, certains choix seront cruciaux et bouleverseront du tout au tout la suite de votre aventure. Les conséquences seront désastreuses pour quelques autres personnages, mais qu'importe... Les moyens de recouvrer la mémoire et de mettre un terme aux agissements d'un meurtrier n'ont pas de prix, et ce, même celui du sang du peuple. Je l'ai pointé du doigt tout à l'heure, mais les questions du racisme, de la sexualité et bien d'autres sujets sensibles sont évoqués avec brio. Mais outre ces aspects sérieux évoqués, sachez que l'humour vient s'ajouter au tableau. En effet, Géralt n'hésite jamais à commenter l'environnement dans lequel il se trouve avec son cynisme légendaire. Et ce sont notamment des références à des grands noms du genre qui nous offrent des moments de franche rigolade, que ce soit de la découverte du corps d'Altaïr écrasé à quelques centimètres d'une meule de foin, des références à la magie façon Harry Potter, ou encore d'une séquence autour d'un anneau de pouvoir. Un pur bonheur !

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Witcher : My preciousssGraphiquement, The Witcher 2 est une claque. Ca, c'est dit. Les textures, les détails, les effets visuels, tous ces éléments délivrent au soft un cachet franchement jouissif. Petite nuance, tout de même : le soft est gourmand. Afin de profiter d'un rendu optimal, il faudra mettre à jour les pilotes de votre carte graphique, ou opter pour une configuration récente pour les plus fortunés. Ceci-dit, le titre de CD Projekt est époustouflant même en faisant quelques sacrifices dans les paramètres. Pour la forme, on fera une simple petite critique sur les animations peu maîtrisées du personnage principal quand il s'agit de déplacements assez précis, mais heureusement, les combats sont énergiques et spectaculaires. Au programme, on retrouve les Signes à utiliser, ainsi que les pièges à récupérer chez des marchands, ou sur les corps sanguinolents de nos ennemis. Il y a aussi les potions à utiliser pour booster sa santé, la puissance de ses coups critiques, en passant par sa rapidité au détriment de sa résistance au combat. Toutefois, ces derniers peuvent être aussi une source de reproches.

En effet, on affronte beaucoup plus d'opposants à la fois quand dans le précédent opus et l'action peut devenir un brin bordélique et pire, parfois totalement dénuée de stratégie de combat. De temps en temps, on peine à garder la cible voulue en face de son curseur et on en vient à se faire laminer par une armée de gus en quelques secondes (c'est surtout vrai en début de partie, à cause d'une difficulté ahurissante). Après quelques heures, on commence à débloquer les quatre arbres de compétences (Entraînement, Art de l'épée, Alchimie, Magie) en investissant les points de talents gagnés et à partir d'ici les combats deviendront beaucoup plus simple. Puis, pour ceux qui veulent se frotter au mode difficile, alors il faudra s'armer de patience et de Prozac. Mais qu'on se le dise, c'est dans ce mode que l'on a vraiment besoin d'utiliser les Signes (les pouvoirs magiques, hein, pas les volatiles) et l'artisanat. Pour ce dernier, il est important de savoir que l'artisanat est totalement dispensable, sauf pour certaines quêtes bien sûr, en plus d'être désagréable à l'oeil.

L'élaboration d'une potion se limite à un schéma primitif et en guise de création, un simple bouton " créer la potion ". Ouaaa. Mais ce n'est pas tout, puisque l'interface et plus particulièrement celle de l'inventaire est purement illisible. En passant son temps à ramasser toutes sortes de babioles sur notre chemin, on amasse de nombreux objets inutiles dont on s'empressera de les revendre à des marchands pour y voir un peu plus clair dans sa sacoche. Dois-je préciser qu'on ne peut pas afficher la carte ou l'inventaire en surbrillance ? Ou que l'on ne peut pas comparer les statistiques des armures/armes que l'on loot et celles que l'on a déjà avant de les mettre dans notre inventaire ? Soucieux à cause de ce point, j'ai décidé de procéder à un petit test que vous pouvez faire chez vous. Lancez The Witcher 2, chargez votre partie et branchez une manette de 360 ? Vous voyez où je veux en venir ?... En plus de reconnaître automatiquement le pad, on se rend compte que la navigation dans les menus et la gestion des combats sont sensiblement identiques, si ce n'est plus précises. Etonnant n'est-ce pas? A croire que les développeurs de CD Projekt ont pensé à rendre le jeu aussi pratique au combo clavier-souris qu'au pad pour faciliter un prochain portage. Les craintes d'un The Witcher 3 disponible simultanément sur consoles et PC et ou quelques concessions seront faites au niveau des mécanismes sont vives. Je vais encore passer pour un gueulard anti-console, mais là, c'est quand même un signal fort.

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Pas à tortiller, ça poutre !Bon... C'était mon paragraphe Jean-Pierre Coffe, promis, j'arrête. Puisque hors cette " consolisation " à demi-dissimulée, The Witcher 2 est le même que le premier, mais en mieux. En témoigne la réalisation magnifique du titre et un univers qui fait figure de second personnage principal et qui se noirci au fur et à mesure que Géralt pénètre dans une intrigue torturée. Si vous avez aimé l'oeuvre d'Andrzej Sapkowski, alors vous retrouverez tout ce qui compose ses pages : la magie, les rites d'exorcismes, les malédictions, les combats dantesques, les complots, etc. tout est là. Vous n'avez plus à chercher la meilleure intrigue du jeu vidéo, CD Projekt vous la livre ici. En sus, il n'y a pas ce moment de battement où la progression via des quêtes FEDEX inutiles viennent grappiller quelques heures artificiellement. Ici, la moindre quête est au service de l'intrigue et il arrive parfois que l'on face un choix (via le système de dialogues) qui va modeler la fin de l'aventure sans que l'on s'en rende compte. Sans parler d'un edding qui ne vous laissera pas indemne. Mais ça, c'est à vous d'écrire votre épopée.

test écrit par Fassenjah


  • Graphismes

    9 / 10

    On a enfin un nom pour la bimbo du jeu de rôle. Beau à en manger sa carte graphique, The Witcher 2 est le nec plus ultra en matière de graphismes. Rassurez-vous, si vous n'avez pas une config de tueur, le rendu est aussi puissant en moyen.

  • Jouabilité

    7 / 10

    La consolisation étant présente, il y a de fortes chances pour que les plus tatillons hurlent au scandale. Le nouveau système de combat est quant à lui plus souple. Si vous vous contentez de marteler le clic gauche, vous allez mourir !...

  • Son

    9 / 10

    La bande sonore est maîtrisée de bout en bout. Que ce soit au niveau des bruitages, des dialogues, ou des thèmes musicaux, les développeurs de CD Projekt flirtent sans cesse avec l'excellence. Un franc régal !

  • Durée de vie

    7 / 10

    Une bonne quarantaine d'heures est nécessaire pour arriver au bout de l'aventure. Rajoutez à cela une forte rejouabilité grâce aux choix multiples des dialogues. Quant à la difficulté, elle est assez déroutante au début du jeu, mais finit par s'équilibrer

  • Fun

    8 / 10

    Assurément, The Witcher 2 laissera une trace intarissable dans votre coeur de gamer blasé. On a rarement été aussi emporté et immergé dans une aventure aussi mature à la réalisation extraordinaire. En un mot comme en cent : merci CD Projekt.

• Le ton mature maîtrisé à merveille
• Le système de combat (en mode difficile)
• Les graphismes époustouflants

• L'inventaire très mal pensé
• Consolisation très prononcée
• Le système d'artisanat obscur

8 / 10

Verdict

Si les développeurs de CD Projekt peuvent se féliciter d'une chose, c'est du niveau magistral d'écriture qui rend tous les personnages charismatiques en plus d'un univers qui fait véritablement office d'un second personnage principal. D'une façon plus générale, on retient le système de combat plus souple que dans le premier opus, l'intrigue qui nous porte tout du long sans jamais être relayée au second plan et l'interface consolisée qui ne plaira pas à tout le monde. En bref, The Witcher 2 : Assassins of Kings détient les mêmes qualités et les mêmes défauts que le premier opus (environnements étriqués, artisanat dispensable, et apports d'éléments RPG qui ne prennent pas), mais en un petit peu mieux. Il ne reste plus qu'à attendre la suite avec on l'espère un côté RPG plus maîtrisé et un scénario toujours aussi brillant. On a hâte d'y être.

- / 10

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The Witcher 2 : Assassins of Kings

The Witcher 2 : Assassins of Kings

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