Test de jeu / / Test Drive Unlimited 2

- publié le 23 février 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :11/02/2011
- Développeur :Eden Studios
- Distributeur :Atari
- Genre :Course
- Visitez le site officiel
Après quatre années de gestation plus ou moins intensives dans les studios lyonnais d'Eden Games, Test Drive Unlimited 2 débarque enfin sur nos machines. Avec cette longue attente, les fanas du genre étaient en droit d'attendre un titre complet, riche, avec des sensations de pilotage quasi-exemplaires. Le contrat a t-il été respecté ? Réponse dans les lignes qui suivent.




Sea, race and sunAlors que vous êtes en train de secouer votre popotin sur le dance-floor à l'occasion d'une fête pour votre anniversaire, une belle demoiselle vous présente votre cadeau. Une Ferrari flambant neuve ! La bête étant prête à dévorer l'asphalte, on se lance sur la route pour voir ce que la machine a dans le ventre. La douce symphonie chantée par le moteur vous pousse à augmenter votre vitesse sur les routes désertes d'Ibiza. Jusqu'au moment où l'on se rend compte que tout ça n'était qu'un rêve et même pire, on se rend compte que l'on s'est endormi dans la voiture de la fille de notre patron : une Ferrari. Fraîchement replongé dans le traintrain morose du voiturier que nous sommes, on apprend de but en blanc que l'on est viré. BAM ! Suite de quoi, on se retrouve propulsé dans une obscure compétition retransmise à télévision locale, le Solar Crown. Vous l'aurez compris, la trame scénaristique est implantée maladroitement au soft, mais elle a au moins le mérite d'accompagner le joueur dans ses premiers tours de roues.
Avant de se lancer dans la compétition du Solar Crown, une quantité de personnages vous solliciteront (à la limite du harcèlement) pour plusieurs raisons. Du passage des permis (en guise de tutorial pour les pilotes en herbe), à l'achat de votre premier bolide dans un garage d'occasion (une Lancia Delta représente le meilleur rapport qualité/prix), jusqu'à votre passage chez le chirurgien esthétique ou encore chez le coiffeur. Tout est là pour ne pas vous laisser dans le flou à vous demander quoi faire. Notre seul regret étant que ces sollicitations ne durent que pendant les premiers instants du jeu, puis, après quelques heures, on arpente les routes sans qu'un protagoniste ne revienne à notre bon souvenir via une mission. Dommage.
Au niveau du cadre, Test Drive Unlimited 2 dispose de deux îles paradisiaques (Ibiza et Hawaï) avec plusieurs centaines de kilomètres de routes à arpenter. Impressionnant. En pressant le bouton de pause, on découvre une île immense (Hawaï se débloque à partir du niveau 10), où l'exploration est nécessaire pour déverrouiller différentes choses. En effet, il faut vadrouiller pour dénicher les stations de lavage, les compétitions multi-joueurs ou solo, mais aussi les concessionnaires. A savoir qu'une fois que vous avez arpentée une route, vous n'avez qu'à passer en pause pour sélectionner une parcelle précise et y revenir instantanément. Un bon moyen de gagner un peu de temps lors de longs trajets qui peuvent vite être fastidieux.




Je suis né dans cette caravaneQuoi qu'il en soit, on sens dès les premiers instants le contenu riche du soft d'Atari. Et cette première impression se renforce via l'écran de pause (eh oui, encore lui). En effet, il est possible de prendre connaissance de divers points d'intérêts. On peut par exemple se lancer dans un championnat (à condition d'avoir la voiture adéquate suivant le type d'épreuve), prendre part à une course en multi-joueurs, ou même programmer un itinéraire. Mais ne vous y trompez pas, Test Drive Unlimited 2 est un MMO de course avec des catégories précises qui poussent le joueur à sans cesse s'améliorer. Découverte, Social, Compétition et Collection : voici les quatre éléments que vous devrez garder en tête durant vos parties. Ainsi, il faut être un vrai touche à tout pour monter de niveau rapidement ! Sillonner les routes, acheter des voitures, participer à des épreuves en multi-joueurs et conquérir les différents championnats qui s'offrent à vous : voici ce à quoi vous attendre dans TDU 2.
Grosse nouveauté de cet opus : les voitures off-road. Exit les hors-pistes en Audi A3 : 4x4, Hummer et tous les autres engins du genre sont maintenant disponibles dans plusieurs concessionnaires. A vous de les trouver. Du côté de la conduite à proprement parler, les petits gars d'Eden Games ne se sont pas trop foulés. D'accord, la totalité des bolides disposent d'un pilotage différent, toujours est-il que le tout peine à nous convaincre. En mode de difficulté le plus facile, les néophytes du genre trouveront là un moyen de dévorer la route sans se préoccuper des techniques de pilotage, tandis que du côté de la difficulté la plus haute, TDU 2 est relativement correct. Il faut trouver la trajectoire adéquate pour ne pas finir dans le fossé, ou encore anticiper un virage très serré pour ne pas finir dans un mur. Mais attention, nous ne sommes pas non plus dans de la simulation pure et dure. A noter également que les voitures ont tendance à partir en glissade à tout bout de champ et on ne ressent pas outre-mesure le poids de l'engin sur la route.
Toutefois, l'idée du système F.R.I.M. est intéressante et ce, afin de ne pas s'ennuyer sur les routes. Concrètement, une somme d'argent apparaît lorsque l'on frôle d'autres véhicules, que l'on réalise des sauts, ou en exécutant des drifts et on peut empocher les gains en validant (touche A de la manette Xbox). Une bonne occasion de jouer au casse-cou pendant un déplacement, tout en prenant quelques dollars au passage. Au niveau des cinq vues, elles ne lorgnent pas non plus vers le réalisme, ni l'impression de vitesse ahurissante. La vue "cockpit" a beau être jouable, l'impression de vitesse et d'immersion n'est pas cuisante. A noter également que le bruit du moteur est extrêmement étouffé. Plus généralement, les sons des moteurs sont tantôt agréables et tantôt surréalistes. A savoir que seulement deux radios font acte de présence et que les doublages français sont, au mieux, caricaturaux, et dans le pire des cas lamentables.




Lancia Delta pour tout le monde !Bien sûr, les centaines de kilomètres sont appréciables, mais en regardant tout ça de plus près, on se demande l'intérêt d'une telle carte. En d'autres termes, nous avons droit à des routes et à des villes sans un brin de vie, où seules quelques voitures (I.A. ou d'autres joueurs) sont présentes. Pour pimenter les choses, la Police est toujours là pour veiller au grain, mais lui fausser compagnie en cas d'infractions répétées est, la plupart du temps, chose aisée. Alors quid de ces îles gigantesques ? Les développeurs ne pourraient-ils pas trouver un moyen d'injecter de la vie dans ce tableau stérile? OK, le cycle jour-nuit est appréciable. La pluie est là elle aussi (les effets sur le pare brise sont justes risibles). Des oiseaux et des avions passent à la queue leu leu dans un script à faire peur. Puis, si il est toujours possible de se prendre un arbre en pleine forêt, on s'étonne de ne pas voir des chevreuils débouler devant nos phares. Ce serait l'occasion de faire un beau barbecue dans les villas maussades (mais bien détaillées) que l'on peut acheter avec l'argent glané après nos championnats.
Visuellement, les quatre années de développement nuisent à la qualité graphique. La modélisation des voitures n'est pas inspirée, le clipping (la profondeur de l'affichage) est furieusement à la ramasse et la gestion des dégâts (non localisés) est parfois étonnante. On est donc en présence d'un soft techniquement limité, qui fait partie de la moyenne basse des productions actuelles sur PC. Gageons que les loupiots d'Eden Games pourront corriger le tir lors d'un éventuel troisième opus de la série Test Drive Unlimited.
Avant de parler du multi, il reste un point essentiel que nous n'avons pas encore évoqué : l'intelligence artificielle. LE facteur si fragile depuis des lustres. Constat : on est bien loin d'avoir des bots intelligents ! Comme souvent dans un jeu de voitures, il est monnaie courante qu'un opposant ne change pas de trajectoire alors que l'on s'apprête à le doubler avant un virage. Clairement, on est invisible pour les concurrents contrôlés par l'ordinateur. On se contentera donc de passer le plus rapidement possible en tête de l'étape pour ne pas être gêné par les autres concurrents, au risque de finir dans le décor par une poussette malvenue. Encore une déception de ce côté, donc.
Enfin, après de premiers jours sombres pour les modes multi-joueurs, force est de constater que le tout est rentré dans l'ordre et est de surcroît très intéressant. A n'en pas douter, Test Drive Unlimited 2 est l'un des jeux bénéficiants du meilleur versant multi à ce jour pour un titre du genre. En effet, on adore la possibilité de lancer un défi avec un autre joueur via de simples appels de phares, pour peut-être remporter quelques deniers au passage. Notons également l'existence de lieux communautaires où l'on peut s'essayer à des épreuves créées par des joueurs, tout en sachant qu'il est possible d'en réaliser soit même via l'écran de pause. Le mieux, c'est qu'une somme d'entrée est fixée et que si on parvient à battre le chrono de ladite épreuve, on empoche la cagnotte. Un régal.
• Durée de vie
• Des cartes gigantesques
• Le versant multi-joueurs
• Vide et sans vie
• Techniquement daté (clipping, aliasing, etc.)
• Des sensations de conduite mitigées
Verdict
Soyons clairs, Test Drive Unlimited 2 nécessite un temps d'adaptation pour profiter pleinement de ses caractéristiques. Ceci étant, certaines concessions doivent être faites par les joueurs : à commencer par un clipping désastreux, ou plus généralement une réalisation (graphismes et bruitages) datée, dans la moyenne basse des productions actuelles du genre sur nos ordinateurs. Une fois habitué à ces quelques soucis, on dévore avec plaisir le bitume dans des bolides de collection ne demandant que ça. A noter également le mix plutôt réussi de MMO et de jeu de course, le tout sur des routes quasiment sans fin. A défaut d'être irréprochable, Test Drive Unlimited 2 est riche, agréable à jouer et peu exigent envers les pilotes. A essayer avant d'acheter !
Le Village PCA

Graphismes
5 / 10Daté dans sa réalisation graphique, TDU 2 ne parvient pas à satisfaire nos mirettes. Le clipping est désastreux, la modélisation des véhicules est approximative et la gestion des dégâts laissent franchement à désirer.
Jouabilité
6 / 10Résolument tourné vers l'arcade, TDU 2 se prend rapidement en main. On regrette que les véhicules partent dans des glissades pour un rien. Cependant, les pilotes en herbe seront ravis puisque l'exigence du pilotage n'est pas prononcée.
Son
4 / 10Deux stations de radio dispensables, des bruitages sans saveur et un doublage risible : le son n'est pas à la fête dans TDU 2 ! Un élément à travailler pour le prochain opus.
Durée de vie
8 / 10Que vous choisissiez le solo ou le multi, ce ne sont pas les épreuves qui manquent. L'ajout des voitures tout terrain est également appréciable. Il manque plus que les motos (ajout lors d'un patch ?).
Fun
7 / 10On s'aperçoit au final qu'on engrange les kilomètres avec plaisir ! Faites des concessions et vous trouverez sans doute dans TDU 2 un très bon passe-temps.