Test de jeu / / Rock of Ages

Une porte du château adverse à exploser par le biais d'une boule contrôlable en mode TPS, le tout en protégeant sa propre citadelle en plaçant des obstacles sur la carte. Avec un principe qui ne tient que sur deux lignes, il fallait que les chiliens indépendants de ACE Team façonnent tout un univers pour convaincre les joueurs exigeants que nous sommes. Néanmoins, une fois sur le menu principal, je savais que j'allais passer un très bon moment. Explications.




Un jeu cuit sur pierreLe pitch? On incarne Sisyphe qui décide de casser la gueule à toutes les grandes figures de l'Histoire (Marie Antoinette, Richelieu, Vlad Tepes, Charlemagne, Platon et Aristote, etc.) grâce à son rocher acquis suite à ses démêlés avec les dieux grecs. Si on pourrait pester contre un tel scénario abracadabrant, le ton décalé et les délires totalement absurdes des développeurs nous permettent de rentrer corps et âme dans l'ambiance. Platon et Aristote qui surgissent sous la forme de zombies, la Peste de Vienne personnifiée sous les traits d'un squelette dépressif, ou encore Léonard de Vinci qui nous explique que l'épopée de notre personnage est irréelle dans une scène inspirée de Matrix. Les situations loufoques s'enchaînent, ce qui nous pousse à poursuivre notre progression jusqu'à la fin le sourire aux lèvres. On ne s'ennuie jamais ! Et quand le générique de fin pointe le bout de son nez après trois heures de jeu pour le mode Histoire, on aurait envie de continuer en explosant de nombreux autres personnages. Pour prolonger l'expérience, nous avons à notre disposition un mode Contre-la-montre assez utile pour apprendre les différents tracés, ainsi qu'un mode Entraînement du Ski-boulet dans lequel on doit détruire des cibles et terminer en s'introduisant dans le plus gros multiplicateur pour avoir un bonus de score. A savoir aussi qu'un mode multi-joueurs en local et en ligne est au menu, en sachant pour ce dernier que le matchmaking est plutôt chaotique. Il est donc plus prudent de convaincre des amis de se prendre le titre sur Steam pour éviter d'attendre de longues minutes sur l'écran de chargement.
Rentrant maintenant dans le vif du sujet : les parties. Comme nous vous l'avons décris dans l'introduction, les rencontres prennent la forme d'un un contre un. Au début de la partie, vous devez construire vos défenses en attendant que vos ouvriers terminent de construire le boulet. Une fois la boule disponible, on la contrôle avec les touches ZQSD (on peut également faire sauter sa boule) comme dans un TPS lambda. A la différence près qu'il faut adapter sa vitesse ainsi que sa trajectoire pour éviter les embuches posées çà et là. Ensuite, la force de l'impact de votre rocher sur la porte adverse dépend de sa vitesse et de son état (plus elle touche des pièges et plus elle est perd de sa résistance). La plupart du temps, il ne faut que trois ou quatre passages pour briser la porte et écraser son adversaire. Mais ce n'est pas tout, puisqu'une fois que notre rocher s'est brisé sur le château, on passe en vue " tactique ". L'occasion de placer de nouvelles défenses, mais aussi de balancer des projectiles sur la pierre ennemie grâce à la catapulte du château pour la ralentir, ou même la détruire (ça arrive, mais c'est un exercice qui demande une pleine maîtrise). Ce qui provoquera quelques moments de stress intenses quand les deux portes sont sur le point de se briser. On sait que le premier qui arrivera remportera la partie, tout dépendra de votre tactique de défense. Jouissif.
De ce côté, on note plusieurs types de pièges. Les animaux (vaches, éléphants et mammouths) qui courent après la boule pour la pousser violemment vers l'extérieur, les tours plus ou moins grandes (elle ralentissent le bloc ennemi), les balistes, les barils explosifs, les souffleuses, ainsi que deux autres bonus spéciaux. A savoir que tous ces pièges sont disponibles en plusieurs niveaux de puissance et que leur coût est proportionnel à leur puissance. Maintenant que vous savez tout, il est important de noter qu'il faut utiliser ces éléments avec subtilité et une certaine dose de stratégie. Pourquoi ? D'abord parce que les pièges sont peu résistants face au boulet et qu'une fois que vous avez utilisé une case, celle-ci ne sera plus disponible au tour suivant. Il est donc important d'anticiper le prochain coup en gardant des endroits vaquants. A l'image d'un tower defense, il faut saisir la force et les faibles des objets et les utiliser de manière à maximiser leurs effets. Par exemple, placez une rangée de tours, puis ajoutez juste derrière un mur d'explosifs avec en renfort deux éléphants et quelques souffleuses pour pousser la boule sur les barils. Imparable, surtout que l'I.A. ne fait pas de grosses prouesses pour éviter nos pièges. Quoi qu'il en soit, rien de bien dérangeant et on s'amuse constamment à adopter une stratégie roublarde pour venir à bout de son ennemi.
N'oublions pas pour autant le design qui fait référence aux Monty Python de Terry Gilliam (pour les petites cinématiques réalisées via des collages en papier), et des graphismes propulsés par le Unreal Engine d'un très haut niveau de qualité. Mais le gros point fort de Rock of Ages, c'est son efficacité à renouveler son environnement. En effet, on passe de tableaux mythologiques, au Moyen-Age, en allant du Gothique, au fantastique et ce, au cours de seulement trois heures. La progression n'en est que plus plaisante. Rajoutez à cela son petit prix (environ 8 euros) et vous obtenez un jeu indépendant loufoque, avec de bonnes idées. Il ravira sans aucun doute les petits curieux. Quant aux autres joueurs plus frileux, un conseil : foncez !
• Une dose de stratégie jouissive
• De bonnes sensations
• Un moment délirant
• La fin trop prématurée
• Le matchmaking en multi
• Les boss ?
Verdict
Prenez un tower défense, ajoutez-y l'humour complètement barré à la Terry Gilliam, saupoudrez d'une réalisation quasi-parfaite et d'une ambiance totalement absurde, acquittez-vous de 8 petits euros et vous obtiendrez notre plus belle surprise de l'année. En dépit de sa durée de vie assez faible (comptez trois heures), de la piètre qualité de son matchmaking, ou peut-être encore du manque d'un éditeur de cartes, il est clair que vous passerez un pur moment de plaisir sur ce titre développé par des petits chiliens indépendants qui ne manquent pas de talent. Allez-y les yeux fermés, on vous le recommande vivement !
Le Village PCA





Graphismes
8 / 10Les différents moments de l'Histoire retracés disposent tous d'une ambiance différente et c'est là l'une des plus grosses réussites des développeurs. De plus le moteur graphique fait de réelles prouesses.
Jouabilité
7 / 10Il faudra une bonne dose de stratégie pour venir à bout des ennemis. En sus, on maîtrise rapidement sa boule et on se prend un malin plaisir à placer ses défenses sur la carte. Il manque peut-être quelques pièges de plus.
Son
7 / 10De bons bruitages, des musiques qui s'accélèrent en fonction de la dégradation des portes. Quelques moments de stress à prévoir en somme.
Durée de vie
5 / 10La fin sonnera après seulement 3 heures. On aimerait que ça dure plus longtemps. Les serveurs du multi en ligne sont vides, heureusement que l'on peut jouer à deux joueurs en local pour augmenter la durée de vie.
Fun
8 / 10On s'amuse beaucoup à suivre les pérégrinations de Sisyphe. Les collages en papier à la Monty Python est aussi un bel hommage à Terry Gilliam. Ajoutez à cela de bons bruitages, et vous serez aux anges.