Test de jeu / / Need for Speed : Hot Pursuit

- publié le 27 novembre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :18/11/2010
- Développeur :Criterion Studios
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :Course
Configuration minimale
- Système d'exploitation : Windows Xp/Vista/7
- Processeur : Intel Core 2 Duo 1.8 GHz/AMD X2 64 2.4GHz
- RAM : 1.5 Go (XP), 2Go (Vista/7)
- Carte graphique : 256 Mo compatible DirectX9.0 avec Shader Model 3.0 ou +
- Espace disque libre : 8 Go
Depuis de longues années, la série Need for Speed tente de reconquérir son public en mal de frissons. Après des épisodes franchement décevants (Most Wanted, Carbon, etc.), Electronic Arts a décidé de revenir à l'essence même du succès de sa licence en dépoussiérant l'un de ses meilleurs titres, Need for Speed 3 : Hot Pursuit. Alors, pari réussi ? Réponse dans les lignes qui vont suivre...




Ce n'est un secret pour personne, quand une série est en déclin, on décide de reprendre les ingrédients qui ont fait jadis fureur. Electronic Arts l'a bien compris et ce n'est vraiment pas un hasard si ce nouveau titre a le même sous-titre que Need for Speed 3. En effet, Hot Pursuit sorti en 1998 était le premier opus à introduire le système de courses poursuites entre la police et le joueur. A l'époque, Need for Speed était même devenu le jeu de course de référence. Il n'en fallait pas plus pour convaincre EA de reprendre cette idée magique, tout en nous permettant de contrôler les forces de l'ordre. Mieux, on nous avait promis deux campagnes solos distinctes, l'une du côté de la police et de l'autre comme pilote. Mais voilà, dans la pratique ce n'est pas vraiment ça. Rassurez-vous, on peut décider de prendre part à des challenges dans les deux camps, mais on est complètement libre dans sa progression. En clair, si vous décidez de lancer un contre-la-montre du côté des flics, rien ne vous empêche, à partir du même menu, de participer à une course effrénée en tant que civil. Sur ce, vous n'êtes pas tenu de quitter votre partie en cours pour recharger une autre carrière, tout se fait du même interface.
D'ailleurs, celui-ci se trouve être la carte de Seacrest County. En naviguant sur le plan, deux types d'icônes s'offrent à vous : la SCPD (la police) et les chauffards. Quel que soit votre choix, l'objectif de ces épreuves est le même, faire monter votre jauge d'expérience. Comprenant 20 rangs, celle-ci vous donnera accès à des améliorations, de nouveaux objectifs et évidemment des voitures ne demandant qu'à dévorer le bitume. Le moyen de monter son rang ? Terminer premier, trouver des raccourcis, rouler à contresens, déraper le plus possible et frôler les autres véhicules présents sur les routes. La bonne surprise vient du fait qu'à (pratiquement) la fin de chaque course, on gagne un bolide. L'impression de sans cesse progresser est donc grisante et pousse le joueur à rester des heures les yeux rivés sur son écran, sans n'être jamais lassé. La raison est simple, de petits outils dignes de James Bond sont mis à votre disposition pour enrichir le gameplay et effacer la lassitude. Des deux côtés de la loi, votre bolide est équipé de herses et d'impulsions électro-magnétiques (IEM), puis le reste de l'équipement change en fonction de votre "classe". Les machines des fuyards sont pourvues de brouilleurs (efficaces pour désactiver les systèmes d'attaques de la police) et d'un turbo diablement grisant ; puis, quant aux forces de l'ordre, ce sont l'appel d'hélicoptères (eux même équipés de herses) et la pose de barrages routiers qui sont disponibles. Toutefois, prenez garde à utiliser ces "items" à bon escient, puisqu'ils ne sont pas illimités et leur nombre est fixé en début de course. De ce fait, Need for Speed : Hot Pursuit gagne un petit côté stratégique intéressant.
Comprenez par là qu'en fonction de votre position, ces outils peuvent vous aider à faire la différence. Par exemple, dans le cas d'une seconde place, vous pourrez locker la voiture de tête avec l'IEM afin de l'immobiliser quelques secondes et prendre l'ascendant sur elle. Dans la situation inverse, attendez que votre prédécesseur se trouve juste derrière vos roues et lancez une herse pour crever ses pneus. Par ailleurs, un souci est à signaler avec cet outil. En effet, les développeurs ont fait le choix curieux de placer des gyrophares sur les herses. Une décision assez incompréhensible quand on sait que l'intérêt de l'engin est de prendre par surprise l'adversaire. Inutile donc d'espérer un effet à la Mario Kart, puisque si la voiture qui vous précède ne roule pas dessus, alors soyez assuré qu'aucun autre véhicule s'y cassera les dents. Ce qui nous amène directement à parler de l'I.A..




Il se trouve que le niveau est assez équilibré entre vous et les autres fous du volant, bien que des comportements adverses peuvent vous laisser un arrière goût de frustration. Le plus flagrant, c'est lors d'un drift. Alors que l'on décélère sensiblement pendant un dérapage (un simple coup de frein suffit), vos concurrents, eux, ne perdent pas une seconde ! A noter aussi que si vous êtes dernier, il devient très simple de rattraper vos challengers. Mais dans le trio de tête, les adversaires appuieront comme des dératés sur le champignon. Un comportement cheaté, qui peut en énerver plus d'un. Du côté de la police, elle est très agressive et sous ses couleurs les courses poursuites se compliquent d'épreuve en épreuve. Si au début vos cibles n'opposent que peu de résistance, vous les verrez par la suite faire des demi-tours, prendre des raccourcis, ou encore percuter des voitures pour les mettre sur votre passage. Un niveau de challenge renforcé qui apparaît vers le niveau 5, afin d'offrir des joutes spectaculaires à l'image de celles que l'on peut voir sur les chaînes américaines.
Plus haut, je vous parlais de la carte. Bien loin des nombreuses routes que l'on pouvait trouver dans Burnout Paradise, celles-ci se contentent de vous embarquer sur les sentiers sinueux de montagnes, en passant par la chaleur d'un désert, mais aussi sur des voies au sein de plaines verdoyantes. Pour pimenter le tout, Criterion a ajouté des raccourcis (ou allongis), qui pourront vous aider à grappiller quelques précieuses secondes, ou encore de vous échapper d'une manoeuvre policière menaçante. Clairement, les tracés renvoient directement à Need for Speed III : Hot Pursuit et même au tout premier titre de la série disponible sur 3DO (ça ne nous rajeunit pas) ! Conséquence directe : on se sent comme à la maison dès les premiers tours de roues. Et que dire concernant la bande sonore et des bruitages exceptionnels?! Fun garanti !
Du côté de l'esthétisme, Need for Speed : Hot Pursuit a des airs de Top-Model. Le titre est graphiquement éblouissant, avec une impression de vitesse ahurissante et le tout sans le moindre ralentissement. De fait, la vingtaine d'heures nécessaire pour boucler l'aventure solo (atteindre le rang 20 dans les deux classes) offre aux joueurs un spectacle délectable en tous points. D'abord par la physique très flatteuse des nombreux bolides mis à votre disposition, sans oublier les conditions climatiques changeantes (mais pas dynamiques) qui délivrent une expérience de jeu considérablement différente. En effet, si le jour favorise la conduite agressive et accorde un champ de visibilité dégagé, la donne change du tout au tout lors d'un orage, en pleine nuit, le tout accompagné par des pluies torrentielles. Dès lors, il devient très périlleux d'emprunter la même trajectoire qu'un rival, puisque l'eau dégagé par ses pneus vous limite fortement la vue. Ainsi, à vous d'adapter votre pilotage tout en gardant à l'esprit la présence de vos équipements de pointe qui permettent de "faire le ménage". Seuls petits points négatifs à signaler, les décors en arrière plan manquent parfois de vie et les temps de chargement, sans oublier des cinématiques redondantes lorsque l'on débloque un véhicule, mais franchement là, je chipote.




Avant de conclure ce test, il nous reste deux points à aborder : le multi-joueurs et plus particulièrement l'Autolog. Ce dernier apporte un degré communautaire très poussé. En effet, avec Autolog, le joueur peut partager ses résultats, mais aussi ses photos. Qu'elles soient prises grâce au mode photo disponible au garage, ou directement sur la piste, celles-ci seront automatiquement ajoutées à votre mur, comme c'est le cas via Facebook, par exemple. Mieux, le système Autolog met en place une fonction challenge avec vos amis. C'est-à-dire que lorsque votre pote Lucienne vient de vous mettre 6 secondes dans la tronche sur une épreuve (les mêmes que dans le mode solo), alors Autolog vous informe que vous pouvez tenter de briser son score et regagner la tête du classement de la course. Une franche réussite pour le grand retour de Need for Speed, bien que l'absence d'un mode multi à écran splité est incompréhensible (voire impardonnable), surtout que le contexte s'y prêtait parfaitement bien.
Enfin, concernant le multi-joueurs à proprement parler, il existe trois différents types d'épreuves : Poursuite Infernale, Course et Interception. Des modes semblables à ceux que l'on trouve dans le mode solo, mais qui donnent toutefois lieu à des parties échevelés entre joueurs réels. Ceci-dit, les Poursuites Infernales disposent d'une dimension toute particulière, celle de l'entraide avec les membres de votre clan (Police ou fuyard). En effet, on a donc tendance à ne pas ralentir un coéquipier, puisqu'à la fin des étapes, un nombre de points par équipe est délivré. Inutile de dire que l'on se serre vraiment les coudes, puisque sinon le total des points ne s'ajoutent pas à notre prime (mêlant le solo et le multi), qui elle-même permet de débloquer des véhicules et autres améliorations. Des modes multi-joueurs qui sont, au final, aussi importants que le solo. Un bon compromis, donc.
• L'impression de vitesse
• Le retour de la Police
• La modélisation des bolides
• Des arrières plans parfois très pauvres
• Pas de mode à écran splité
• Temps de chargement assez longs
Verdict
En faisant marche arrière vers les fondements même du très bon Need for Speed III : Hot Pursuit (et le premier NfS sorti sur 3DO), cet épisode s'installe comme l'un des meilleurs de la série. Aussi, la patte Criterion se ressent derrière un gameplay aux faux airs de Burnout (avec des takedowns maquillés, etc.), tout en réussissant le pari de renouer avec le fun des anciens opus de la série. Notons aussi la modélisation quasi-parfaite de la soixantaine de bolides très célèbres et survitaminés, une campagne solo au double visage laissant le choix au joueur d'évoluer en tant que policier ou fuyard, saupoudré par un Autolog efficace, le tout bercé par une bande sonore exceptionnelle ; mélangez le tout, et vous obtenez un Hot Pursuit indispensable !
Le Village PCA

Graphismes
8 / 10Délectable en tous points, Hot Pursuit s'installe au trône du jeu de courses le plus beau à ce jour. Et ce, même si les arrières plans manquent parfois de peps. Mention spéciale pour l'esthétisme quasi-parfait de la soixantaine de voitures.
Jouabilité
8 / 10La prise en main est surprenante au premier abord. Mais une fois le petit temps de latence (dû au poids des bolides) apprivoisé, on se prend au jeu à 200%. L'aspect stratégique de l'utilisation des armes est aussi très appréciable.
Son
9 / 10Avec les rugissements de moteur différents en fonction du véhicule et la bande son éclectique, il n'en faut pas plus pour nous pousser le son à fond. Un régal !
Durée de vie
8 / 10Trophées à la pelle, épreuves plutôt nombreuses et progression divisée en deux (Police et fuyard), la durée de vie est fixée à une vingtaine d'heures. Ajoutons aussi le multi très solide. Néanmoins, l'absence d'un mode écran splité est incompréhensible...
Fun
9 / 10Le retour des courses poursuites est réellement grisante. Mesdames et messieurs, Need for Speed : Hot Pursuit pousse le fun à son paroxysme !