Test de jeu / / Medal of Honor

- publié le 28 octobre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :14/10/2010
- Développeur :Danger Close
- Distributeur :Electronic Arts
- Thème :Guerre
- Genre :FPS
- Visitez le site officiel
Configuration minimale :
- Système d'exploitation : Windows XP (SP3), Windows Vista (SP2), Windows 7
- Processeur : Intel Core 2 DUO @ 1.4 GHz/AMD Athlon64 X2 @ 1.8 GHz
- RAM : 1 Go
- Carte graphique : NVIDIA GeForce 7800 GT ; ATI X1900
- Espace disque libre : 3Go
- Carte son : Compatible DirectX 9.0c
- DirectX : DirectX 9.0c
Loin des trous béants laissés par les obus de la Seconde Guerre mondiale, loin des plaines verdoyantes de Normandie et des conflits qui appartiennent au passé, les équipes qui ont oeuvré sur la version 2010 de Medal of Honor se sont lancées dans un pari complexe : opérer un virage à 180°. Assez logiquement, quelques années auront donc été nécessaires à Electronic Arts pour relancer son illustre franchise et tenter de bousculer la famille très fournie des FPS. Outre le fait d'avoir changé de décor et s'être attaqué à un théâtre de guerre moderne, Medal of Honor a mûri. Certainement parce qu'aujourd'hui, Danger Close et DICE décident de rendre un hommage encore unique dans le monde vidéoludique : plonger les joueurs dans la peau d'une unité d'élite américaine toujours en activité dans les montagnes Afghanes. Suite de quoi, la véritable question est de savoir si Medal of Honor a assez d'attributs pour taquiner la concurrence et son célèbre cousin à l'appétit dévorant, Call of Duty. Réponse.




D'emblée, les bouleversements temporels et géographiques apportés à Medal of Honor sont l'occasion de découvrir un level design inspiré et de surcroît non habituel aux fondus de la licence. Les vallées et autres paysages humides ont laissé le champ libre à de vastes collines arides et à des villages laissés à l'abandon. Premier constat, le joueur doit tout aussi bien prêter attention aux mouvements suspects sur le sentier à parcourir, qu'aux nombreuses pentes qui favorisent le risque d'embuscades. Autant de places de choix pour les insurgés que de menaces pesantes pour la progression. Evidemment, la construction des niveaux risquait de rendre les échanges de coups de feu répétitifs et c'est en effet ce qui se produit plus ou moins dans Medal of Honor.
Ainsi, on passe le plus clair de son temps à nettoyer les montagnes infestées d'ennemis, ou encore à faire appel à des frappes aériennes chirurgicales pour se frayer un chemin. Que cela soit bien clair, les 6 heures nécessaires pour venir à bout de la campagne solo réservent tout de même quelques moments de surprises. Comme cette fois où notre unité doit tenter de survivre à une attaque massive d'opposants et où l'espoir de survivre décroît au fil du temps. Ou encore le moment où l'on se retrouve perdu en pleine montagne armé d'un seul cran d'arrêt. Mais ce que nous regrettons le plus, c'est que l'excitation des combats n'est jamais dévorante. OK on descend du Taliban par pelleté de douze, mais on est loin du Nirvana lorsque le générique de fin pointe le bout de son nez. Parce que si vous vous attendez à une aventure à la limite du politiquement correct (comme c'est le cas dans la scène de l'aéroport dans le précédent Call of Duty), alors sachez que ce n'est pas là le leitmotiv de Danger Close.




En effet, le message qu'a voulu faire passer les développeurs dans cette oeuvre vidéoludique se résume à sensibiliser les foules sur le quotidien des forces armées en Afghanistan. Un mélange de mecs surentraînés qui connaissent les ficelles du métier sur le bout de leur M4, couplé à des directives gouvernementales jamais en adéquation avec le contexte dur comme le roc de la guerre. Certes il y a bien une bavure dévastatrice à un moment, mais qui ne ressort pas outre mesure sur le sentiment des soldats une fois revenus sur le terrain. L'absence, ou presque, de prise de risque laisse le grand spectacle de côté et de ce fait il se peut que les aficionados de la concurrence ne trouvent pas leur compte dans Medal of Honor. Autre aspect regrettable, le joueur n'a jamais l'initiative. Pour résumer, sachez que vous êtes toujours sous la coupe de votre chef d'unité qui vous donne des ordres et qui vous aiguille vers la prochaine étape de l'offensive. Le tout introduit par des scripts aussi discrets qu'un rototo en plein rendez-vous chez le dentiste (mais si, je suis sûr que vous voyez ce que je veux dire). Certaines fois, le jeu vous oblige même à marcher pour écouter vos frères d'armes tailler le bout de gras. Au moins, ce procédé a le mérite de plonger le joueur en pleine immersion, mais l'envie de se jeter à l'assaut en hurlant "Tailloooo" est quand même assez présente.
Ensuite, lorsque l'I.A. ami n'est sous le contrôle du script énoncé plus haut, le moins que l'on puisse dire c'est que nos compagnons font un peu n'importe quoi. Quelques bugs de collision sont de la partie, mais le plus énervant réside dans le fait que nos alliés viennent se loger au milieu de notre ligne de mire. Ce qui donne au final un doux mélange de frustration et d'envie de dessouder notre propre escadron pour avoir le champ libre. Du côté des adversaires, sachez que les insurgés sont plus "intelligents". En effet, ces derniers se planquent scrupuleusement derrière les rochers et ne laissent parfois dépasser que leurs bras pour vous tirer dessus en aveugle. Toutefois, il arrive de temps en temps qu'un Rambo barbu en herbe débarque sur le côté sans que personne ne sache d'où il est sorti (peut-être que c'est le cousin Nerd qui sort de sa grotte avec une Kalash). Mais dans l'ensemble, l'insurgé est fourbe, organisé et est toujours accompagné d'une bonne centaine de ses cousins. De quoi assurer de nombreux kills, sans pour autant avoir un soft très difficile au grand dam des puristes.




Du côté du scénario, Danger Close a fait l'effort de produire une vraie histoire. Sans être un film de guerre à part entière, l'équipe de développement décrit les relations complexes entre les armées d'élite américaines et le gouvernement du pays de l'Oncle Sam (à ne pas confondre avec l'Uncle Ben's). Mais cet opus de Medal of Honor est surtout une ode à la fraternité entre les soldats : être solidaire jusqu'au bout. S'ensuit une réalisation graphique de haut niveau et au final assez souple en ressources. Les joueurs ayant une machine relativement récente pourra donc jouir d'effets de particules et de lumière très réalistes. Soleil rasant, poussière étouffante après un bombardement, le joueur en prend plein les mirettes ! Ultime complainte, notons que le doublage est tout juste passable. Mais heureusement pour nos oreilles, les musiques poussives et les bruitages des pétoires sont tout juste exceptionnels. Puis, une fois la demi-douzaine d'heures passée sur la campagne solo, le mode Tier 1 (rejouer les cartes solo avec une limite de temps) et les modes multi-joueurs développés par l'équipe de DICE vous offriront de nouveaux challenges.
Au programme du multi, on retrouve l'indéboulonnable Team Assault (Team Deathmatch), le Sector Control (Domination), le Combat Mission et enfin l'Objectif Raid. Comme lors de notre dossier sur le mode multi du soft, c'est ce dernier qui nous tient tout particulièrement à coeur. Tout d'abord parce que le temps de jeu est relativement court (de 3 à 5 minutes), mais aussi parce que cette limite offre un rythme de jeu totalement haletant. Au menu, deux équipes doivent défendre ou attaquer un nombre fixe de secteurs. La dimension tactique apparaît donc dans ces parties où 24 joueurs peuvent se rejoindre. Vous l'aurez compris, les modes multi-joueurs de Medal of Honor jouissent du savoir faire de DICE pour le plus grand plaisir des joueurs. Notons enfin que des serveurs dédiés sont disponibles et que les commentaires des joueurs sur la phase de bêta fermée ont été entendus par l'équipe de développement qui rend là une copie quasi-parfaite.
• Les effets de lumière somptueux
• Plongeon réussit dans la guerre Afghane
• La guerre comme si vous y étiez
• Quelques bugs
• Durée de vie assez faible en solo
• Un peu linéaire
Verdict
Peu de temps avant qu'Activision ne propose son nouveau Call of Duty, Electronic Arts décide de dépoussiérer sa licence phare. En posant ses valises dans un conflit toujours d'actualité, Danger Close avait réellement de quoi chatouiller la concurrence. Exit les scènes délirantes d'un Modern Warfare 2, Medal of Honor millésime 2010 se concentre sur le quotidien d'une escouade d'élite, le Tier One avec un programme chargé : la guerre meurtrière vue de l'intérieur. Même si les graphismes sont somptueux et la réalisation dans la moyenne haute des titres actuels, on en attendait plus de cet opus. En effet, la progression manque cruellement d'une montée en puissance, en plus d'être assez linéaire. Ainsi, lorsque le générique de fin pointe le bout de son nez (au bout de 6 heures de jeu environ), on se dit qu'on en veut plus. Toutefois, certaines scènes offrent tout de même des émotions fortes, mais produisent au final une aventure en dents de scie. Saluons au passage des modes multi-joueurs très solides, à mi-chemin entre un Battlefield : Bad Company 2 et Call of Duty : Modern Warfare 2, qui assurent de nombreux moments de fun. Quoi qu'il en soit, ce Medal of Honor plante de très bonnes bases pour la suite et l'avenir semble être radieux si les créateurs décident toutefois de monter le rythme d'un cran, tout en gardant cet aspect d'une guerre dure comme le roc.
Le Village PCA





Graphismes
7 / 10Avec ses effets de particules et de lumière splendides, Medal of Honor est dans la moyenne haute des jeux du genre. Néanmoins, quelques problèmes de collisions sont de la partie, mais le mode multi réussit à offrir une seconde vie au soft.
Jouabilité
7 / 10Principal regret, les scènes scriptées sont trop présentes et mal gérées. Medal of Honor ne dispose pas non plus de scènes hollywoodiennes et se contente de décrire avec brio la vie de l'élite des soldats américains.
Son
7 / 10Les musiques comme les bruitages sont très solides. En revanche, le doublage est peu inspiré et certains personnages manquent de crédibilité.
Durée de vie
7 / 10Il ne faudra que près de 6 heures pour boucler l'aventure et découvrir le mode Tier 1 et le multi-joueurs d'une qualité sans faille. Un très bon soft à la croisée des chemins entre un CoD Modern Warfare 2 et un Bad Company 2.
Fun
8 / 10Dans l'ensemble, les paysages ravissent nos mirettes et l'immersion est quasi totale. Nous regrettons toutefois un manque de montée en puissance lors de la progression. Puis, le multi est une force indéfectible de ce Medal of Honor. Bravo !