Test de jeu / / Mafia 2

- publié le 3 septembre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :27/08/2010
- Distributeur :2K Games
- Genre :Action / Aventure
- Visitez le site officiel
Configuration minimale- Système d'exploitation : Windows XP/Vista/7
- Processeur : P3Ghz ou Athlon 3600+
- RAM : 1,5 Go
- Carte Graphique : nVidia GeForce 8600 ou ATI HD2600 Pro
- Espace disque libre : 8 Go




Empire Bay, la ville où les malfrats ne dorment jamais, mais surtout l'endroit où la réussite monétaire est au coin de la rue. Comment ne pas vous parler de mes souvenirs ici ? Que ce soit avec mon meilleur pote Joe, des galères de ma famille venue ici pour le rêve américain, sans oublier le chaos pécunier qui nous attendait à notre arrivée. Quand j'étais en guerre dans les belles contrées Siciliennes, Empire Bay me manquait, mais j'étais bien loin de me douter de ce qui m'attendait à mon retour. Les familles qui faisaient jadis la pluie et le beau temps dans la rue se sont endurcies en mon absence. Il va falloir s'y faire. Quant à mes proches, ceux-ci n'avaient plus vraiment de joie de vivre, dans les quatre murs de notre appartement miteux de Little Italy. En posant mes pieds hors de ce train, j'ai tout de suite su qu'il fallait me préparer au pire. Je suis Vito. Vito Scaletta. Et ceci est mon histoire.
Huit ans après Mafia premier du nom et de nombreux reports, Mafia II débarque enfin sur nos étales. Développé par les équipes de 2K Czech et avec l'étiquette du concurrent le plus coriace pour botter les fesses de Grand Theft Auto, le pari était loin d'être gagné d'avance. Mais d'abord, sachez que les développeurs n'ont pas la prétention d'aller cogner le cousin germain du genre, mais plutôt d'apporter au TPS "bac-à-sable" une âme à part entière. Par exemple, le boulot réalisé sur les traits de caractère des personnages est digne de n'importe quel polar mafieux des années 40-50.
On trouve donc ci et là un vétéran de la guerre rongé par ses démons et reconvertit en marchand d'armes, un jeunot prêt à brûler les étapes pour s'installer comme un leader sur le marché, ou encore un mec qui prend du bon temps dans un bordel de la ville, tout en oubliant qu'un macchabée pourri dans son coffre. Un régal. De même pour les cinématiques très accrocheuses, une bande sonore franchement convaincante (digne d'une bonne compilation d'époque) et des bruitages réalistes. On regrette tout de même que la phase de localisation n'a pas été plus soignée. Que ce soit pour le manque de l'accent italien des personnages, ou encore peu de conviction dans des dialogues. D'un autre côté, les traducteurs font un sans faute. L'humour cinglant et percutant force l'immersion dans cette histoire sombre et mature.




A côté de cela, la ville modélisée pour l'occasion est grandiose. La justesse des graphismes peut aisément convaincre les plus tatillons d'entre nous. Même si la surface de jeu est restreinte en comparaison aux autres titres du genre, les paysages d'Empire Bay force le respect tant ils ont été travaillés. De quoi pousser tout un chacun à voler un des nombreux véhicules présents, de mettre à fond la musique, puis striker les piétons de la ville en hurlant "m'en fout, j'suis un gros méchant !!!". Pendant que nous parlons des piétons, arrêtons nous quelques instants sur le sujet. Si vous prenez le temps de vous balader dans les rues, vous aurez la désagréable surprise de découvrir des clones par milliers. Pour être tout à fait franc, j'ai été obligé de prendre ma mitraillette afin d'arroser tous les personnages qui se ressemblaient de près ou de loin dans le but de gommer ce défaut (on se sent mieux après, vous verrez).
Mais trêve de plaisanteries, revenons au volant de notre bolide. Avec ce dernier, il est possible de se rendre dans un garage pour changer sa couleur, sa plaque, ou encore améliorer son moteur. Le but premier de cette manœuvre est d'échapper à la police plus facilement, même si ces derniers sont bien loin d'être des Chuck Norris en puissance. Dans le meilleur des cas, ils vous donnent une contravention, ou finissent par vous trouer comme un gruyère si vous avez tué la moitié de la ville (saleté de clones, j'vous jure !). Comme dans tous les bons polars, il est bien entendu possible de corrompre les forces de l'ordre contre un billet de 100 dollars. A noter que vous pouvez aussi mettre de l'essence dans votre carriole (pourquoi faire?), crocheter des serrures, faire les magasins de vêtements (ou les braquer), ou encore manger dans un restaurant pour faire remonter votre barre de vie. Bref, de quoi varier un peu les plaisirs, même si l'on aurait aimé pouvoir se servir de nos armes depuis le siège de notre berline.
A l'instar des autres titres du genre, Mafia II est divisé en missions, elles-mêmes débloquées au fur et à mesure de la progression. Au bout de trois objectifs, on comprend le fonctionnement très linéaire de la chose. Vito roupille profondément et est réveillé par un coup de téléphone, ou un quidam qui sonne à la porte. Après avoir pris connaissance de ladite besogne à accomplir, on enfile une fringue (histoire de ne pas combattre les bandits en slip) et on prend notre voiture pour se rendre au point de rendez-vous. Dès lors, on décèle une différence qui oppose du tout au tout Mafia et Grand Theft Auto : impossible de prendre un taxi pour parcourir la ville plus rapidement. Un moyen comme un autre de ne pas raccourcir les missions, tout en nous obligeant à parcourir une certaine distance sur les 16 Km² de route d'Empire Bay. Que cela soit clair, vous ne décidez pas de l'ordre des événements non plus. Pendant toute l'aventure, vous répondez (toujours favorablement) aux petits boulots que l'on vous proposent sans broncher.




En vrac, le gagne-pain de Vito se tourne vers la Contrebande, le trafic de cigarettes, le vole de voitures et le règlement de compte. Même si les missions peuvent paraître clichées, l'ambiance aux petits oignons et les personnages secondaires, occupant une place phare dans l'intrigue, renforcent la trame scénaristique, au même titre que sa cohésion. Le style TPS oblige, la caméra (très proche des épaules) est derrière votre personnage. La liste de vos armes peut être parcourue avec la molette de la souris, on vise avec le clic droit et on balance la purée avec le gauche. Comme d'habitude, donc. L'occasion de saluer l'implantation de la couverture. Ainsi, Vito peut s'adosser contre une quantité d'éléments (des fois destructibles), afin d'ajuster sa stratégie de killer. A ce moment, précisons que l'I.A. des opposants n'est pas finaude. Le challenge vient surtout du fait de leur nombre, plutôt que de leur intelligence. Pour être clair, deux à trois balles dans le buffet servent à les tuer, sans oublier que le head-shot est très simple à appréhender.
Aussi, la difficulté se corse au bout de quelques heures et la variété des objectifs est plaisante. A titre indicatif, il sera possible d'infiltrer un abattoir pour secourir des frères d'armes. Ceci dit, on est loin de l'approche d'un Splinter Cell, mais encore une fois, l'ambiance très mature qui se dégage de cette mission procure un très bon niveau de fun. Côté durée de vie, les quinze chapitres de Mafia II offrent une expérience d'environ dix heures. Pour le reste, les développeurs n'ont pas jugé bon d'ajouter des objectifs secondaires (pour les petits pervers, on peut quand même chercher des magazines Playboy disséminés en ville), de missions cachées ou encore d'endroits à découvrir. En clair, sans son mode Histoire, Empire Bay est une enveloppe vide qui ne donne pas l'envie de prolonger l'aventure. Évidemment, les chasseurs de trophées pourront toujours terminer les succès Steam, mais vu l'absence d'un mode multijoueur (alors que le tout s'y prêtait parfaitement), le niveau de rejouabilité est quasi nul. Bien entendu, les développeurs ont misé sur du contenu additionnel, mais après la dizaine d'heures nécessaire pour boucler Mafia II, la suite n'est guère propice à l'amusement.




• La mise en scène exceptionnelle
• Les graphismes
• La bande sonore
• Pas d'objectifs secondaires
• Très court pour un jeu du genre
• Pas de mode multijoueur
Verdict
Soyons clair, Mafia II laisse un sentiment étrange lorsque l'on arrive au générique de fin. D'un côté, sa mise en scène est époustouflante, les graphismes et effets sont (enfin) dignes de notre machine et c'est vraiment gâter le PC que de rendre une copie aussi peaufinée. Bravo 2K Czech. D'un autre côté, lorsque le vernis se craque, on s'aperçoit qu'Empire Bay est très vide. L'absence d'objectifs secondaires est vraiment surprenante. Au final, la conclusion tombe d'elle-même, Mafia II est une aventure à vivre comme un bon film Mafieux des années 40-50. Au delà, le soft n'a que peu d'intérêt. Pourtant, au cours des dix heures nécessaire à le boucler, nous avons vraiment passé un bon moment, en fermant les yeux (certes) sur les points négatifs (la façon linéaire de lancer les missions, conduire jusqu'au point A et tuer au point B, l'I.A. des ennemis et de la Police, etc.). Et enfin, comment de pas évoquer le manque inexplicable d'ambition des développeurs pour chatouiller le cousin Grand Theft Auto, qui lui, ne cesse de grandir. Les créateurs de la licence Mafia devront donc se mettre rapidement au charbon, afin de rendre un prochain opus à la hauteur de la mise en scène de celui-ci...
Le forum du jeu
- 25/05/10 [Topic Officiel] Mafia 2 - 1 message
Le Village PCA









Graphismes
8 / 10Ici, les développeurs rendent la copie la plus belle jamais créée sur nos machines. Les effets de lumières sont d'une pureté surprenante, tandis que les véhicules sont fidèlement retranscrits. Empire Bay est la ville la plus séduisante du jeu vidéo !
Jouabilité
6 / 10Assez familier, le gameplay pourra séduire le joueur lambda. Pour les autres, le mécanisme des combats ou encore le pilotage arcade des voitures n'ont rien de neuf.
Son
8 / 10Cheveux au vent avec un bon tube de l'époque, les voyages en voiture sont plus qu'appréciables grâce à la bande sonore ! Le doublage manque toujours de Syncro-labiale, mais ça, c'est une autre histoire.
Durée de vie
5 / 10Seulement 10 heures sont nécessaires pour boucler cette aventure express, mais intense. Pas de multi, pas de quêtes secondaires, seuls des magazines et des avis de recherches qui n'apportent rien du tout.
Fun
6 / 10L'impression désagréable d'être enfermé dans le scénario et ne pas pouvoir prendre le temps de regarder vivre Empire City est omniprésente. Cependant, le background du soft est tout de même très solide.