Test de jeu / / Harry Potter et les Reliques de la Mort - Première Partie

- publié le 27 novembre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :18/11/2010
- Développeur :EA Bright Light Studio
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :Action / Aventure
Configuration minimale
- Système d'exploitation : Windows Xp/Vista/7
- Processeur : Single Core 2.4 GHz ou Dual 2.0 GHz
- RAM : 1.5 Go
- Carte graphique : 256 Mo compatible DX9c
- Espace disque libre : 5 Go
Tout le monde le sait, l'adaptation vidéoludique d'un film (ou d'un livre) n'est pas un exercice aisé. Pire, de nombreux développeurs se sont déjà cassés les dents sur de nombreux projets qui tiennent (pour la plupart) la route dans les salles obscures, mais se viandent lamentablement sur nos machines. La raison ? On la trouve souvent dans les budgets légers accordés aux concepteurs qui ne peuvent pas aller au bout de leurs idées, mais c'est aussi l'occasion pour un éditeur de grappiller quelques deniers aux fans inconditionnels d'une licence. Est-ce que Harry Potter et les Reliques de la Mort - Première Partie parvient à casser cette triste réalité, ou la suit-il tête baissée ? Réponse dans les lignes de ce test.




Inutile de conserver un éventuel suspense sur le contexte de l'aventure, l'opus édité par Electronic Arts reprend la première moitié du dernier livre de J. K. Rowling. Harry et sa clique quittent donc les bancs de Poudlard, afin de chercher les Horcruxes dans lesquelles "celui dont on ne doit pas prononcer le nom" a placer les fragments de son âme. Dès le début de la progression, le Ministère de la Magie tombe entre les mains des Mangemorts, des nés-moldus se font enlever, des événements malheureux bouleversent le monde et des Détraqueurs se baladent librement. En gros, rien ne va plus et c'est bien évidemment notre cher sorcier bigleux qui va tenter de mettre un terme à tout ça.
Un contexte qui laisse donc la place à des affrontements directs et le constat est sans appel lors de l'introduction : on va mourir d'ennui ! Et ce, parce que la scène en question plonge le joueur dans une phase de rail-shooting affreusement longue et gavée de mécanismes mal foutus. Votre objectif est simple, vous devez tirer sur des Mangemorts lors d'une course poursuite ennuyeuse aux côtés d'Hagrid. Sur ce, le demi-géant nous bloque le champ de vision, les ennemis sont aussi intelligents qu'une meute de caribous en rute et le système de visée est aussi pratique que de se laver les oreilles avec une brosse à dents. Vous l'aurez compris, l'introduction donne franchement envie de décrocher de son écran et de se plonger dans l'intégrale de Derrick. Et pour tout vous dire, ce n'est que le début d'un long calvaire.
Puisqu'avec ce nouvel épisode, les joyeux lurons d'EA Bright Light Studio ont misé sur du tir à la troisième personne, avec une bonne dose d'infiltration. Force est de constater que le studio ne maîtrise ni l'un, ni l'autre. En effet, à l'instar de la scène du side-car, le système de visée semi-automatique est lamentable et celui de couverture à la Gears of War est imprécis. A noter également que la caméra, beaucoup trop collée au personnage, nous empêche d'avoir un bon angle de vue. Puis, pour ne rien vous cacher, les animations robotiques des protagonistes et le manque de conviction de certains doubleurs font franchement peine à voir.




Ensuite, on vous parlait plus haut de phases type infiltration. Celles-ci consistent en fait à se rendre d'un point A à un point B pour voir ce qui se passe plus loin, ou pour neutraliser un ennemi, le tout avec la cape d'invisibilité du père d'Harry sur le dos. Bon, sur le papier, ça a l'air intéressant comme menu, mais ça devient plus qu'indigeste dans la pratique. En fait, une jauge est présente en bas à gauche de l'écran pour vous alerter du temps qu'il vous reste à être indétectable. Attention, si elle se décharge entièrement ou si vous touchez un PNJ (pourvu lui aussi d'animations risibles), alors vous vous faites repérer par les vilains-méchants-pas-beaux qui vous canarderont aussitôt. Pour éviter ça, c'est simple : restez immobile pendant quelques secondes et la jauge se recharge à son maximum. Sans intérêt, mais ingénieux (rayez la mention inutile).
Je peux vous dire que j'ai cherché un bon moment avant de mettre la main sur un aspect qui pourrait rehausser l'intérêt de ce soft. J'ai donc cherché du côté des nombreux sorts (neuf précisément) mis à notre disposition : Stupefix, Patronum, Petrificus Totalus, Confondo, etc. Ici encore, les développeurs ne parviennent pas à rendre chaque sortilège unique. D'accord, une couleur différente se dégage à chaque lancés, mais l'effet est le même sur l'opposant. On aurait aimé voir des animations plus travaillées, plus stylisées et uniques. Mais non. Ensuite, j'ai disséqué les cinématiques à la loupe pour voir si elles ont bénéficié d'attentions particulières des développeurs. Mais une fois encore, les textures baveuses et surtout la mauvaise compression des vidéos sont navrantes.
Non content de transformer toutes les phases en nirvana pour sadomasochiste, EA Bright Light Studio a conçu une progression décousue et maladroite qui rend ce titre un peu plus brouillon. Par exemple, on se trouve dans la maison de Sirius Black, on nous propose de remplir trois missions (euh, pourquoi?!), dont une où l'on doit s'échapper de la tanière d'un dragon tout en poutrant quelques Mangemorts planqués ci et là. En plus de n'avoir strictement rien à voir avec l'aventure principale, une fois ces tâches accomplies, on repart dans la progression comme si de rien n'était. Là où certains navets vidéoludiques réussissent à dissimuler un gonflage superficiel de la durée de vie, Electronic Arts y va franco via des missions inintéressantes et qui nous gonflent un peu plus. Bravo !




Esthétiquement parlant, Harry Potter et les Reliques de la Mort - Première Partie oscille entre le passable (certains effets de lumière) et le honteux (tout le reste). Seule la bande sonore tire son épingle du jeu, mais de là à dépenser 50 euros pour de belles musiques et des mécanismes de jeu désastreux, il y a quand même une frontière énorme, non ? Toutefois, on ne peut pas en vouloir aux amoureux de la franchise qui pourront crapahuter dans le Ministère de la Magie, Londres, ou dans des plaines de la capitale So British. Cela dit, ne venez pas nous dire que l'on ne vous aura pas prévenus !
• Quelques effets de lumière
• Les thèmes musicaux
• Euh ?
• Gameplay bancal
• Progression décousue
• Aventure sans intérêt
Verdict
EA Bright Light Studio réussi le pari osé d'enlever tout l'intérêt qui se trouve dans les livres de J. K. Rowling. Ce n'était pourtant pas chose aisée, mais en créant un gameplay aussi archaïque que sans intérêt et en massacrant à coups de tronçonneuse la progression avec des objectifs secondaires inattendus, jouer à Harry Potter et les Reliques de la Mort - Premières Partie est aussi agréable que de recevoir un coup de pelle dans les bijoux de famille. La balle est maintenant dans le camp d'Electronic Arts et gageons que la firme pourra rendre hommage aux livres avec un dernier épisode épique. L'avenir nous le dira, même si j'ai déjà ma petite idée là-dessus...
Le Village PCA

Graphismes
3 / 10Oscillant entre le tout juste passable et le médiocre, cet épisode fait peine à voir. Textures baveuses, cinématiques mal compressées, animations archaïques, crènelage, l'équipe est au complet.
Jouabilité
2 / 10De par son gameplay basique (phases de TPS et infiltration), Harry Potter et les Reliques de la Mort - Première Partie est sans intérêt. Regrettable pour une franchise qui a pourtant tant d'atouts.
Son
4 / 10Seules les musiques parviennent à relever le niveau de ce jeu plus que médiocre. Pour le reste, les doublages manquent de conviction (même en présence des doubleurs officiels) et les bruitages ultra-répétitifs.
Durée de vie
4 / 10Une petite demi-douzaine d'heures est nécessaire pour venir à bout de ce calvaire. Pour les plus courageux, EA a même introduit des défis aussi inintéressants que l'aventure. Joie !
Fun
1 / 10A moins d'être sadomasochiste, il y a de grandes chances pour que les nombreux défauts du soft viennent à bout de votre patience. Sur ce, je vous encourage vivement de reprendre la lecture du livre, sans quoi, vous serez fâché à jamais avec Harry.