Test de jeu / / Deus Ex : Human Revolution

- publié le 14 septembre 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :26/08/2011
- Développeur :Eidos Interactive
- Distributeur :Square Enix
- Genre :Action / Aventure
- Visitez le site officiel
L'heure est grave. Vous allez certainement me dire que je suis en retard, que cette critique arrive après la cascade de bonnes appréciations, ou encore que votre récipient en plastique mou vient de fondre dans votre micro-ondes. C'est moche. Vraiment. Mais avant tout, sachez que le test que vous consultez aujourd'hui est la conclusion d'un long festival de la loose. Je suis passé du stade de l'attente insoutenable de recevoir ma version test, à la mort de ma carte mère, sans parler du moment où, dans un élan gargantuesque de générosité, j'ai du sauver la vie d'un Rouge-gorge coincé dans le Sanibroyeur de ma voisine. Bref. Tout ça pour en venir à une chose : ce Deus Ex n'est ni génial, ni excellent, ni le jeu de l'année, il est... oh et puis non. Lisez l'article pour connaître mon avis pour une fois !




Something newEn l'an 2000, un certain Waren Spector marqua de son sceau le petit monde vidéo-ludique avec la sortie de son Deus Ex. A l'époque, la critique et les joueurs étaient unanimes, de ce fait Deus Ex fut propulsé au rang d'icône. En bref, un titre à la mythologie splendide, aux mécanismes de jeu maîtrisés et à l'ambiance hors du commun. Il faut dire que pour allier les capacités d'un James Bond, avec un univers tel que celui de X-Files, il fallait oser. De cette production splendide suivi un épisode bien en deçà des espérances des fans : Invisible War. Le désir de casualiser à outrance l'expérience de jeu dans le but de fédérer la populace n'était décidément pas un coup de maître. Suite de quoi, la franchise Deus Ex fut mise de côté pendant huit longues années, avant de revenir cette année avec un opus baptisé Human Revolution. Au moment de son annonce, je me souviens encore avoir rêvé au retour du fils prodige. Celui là même qui avait repoussé les limites du jeu comme on le connait, pour lorgner vers l'expérience viscérale. Celle que l'on ne vit que très peu de fois dans une vie. Ainsi, voyons par le biais de cette critique si DEHR est à la hauteur de sa réputation. Pour commencer, un petit point sur l'univers du titre pour y voir un peu plus clair.
Human Revolution se déroule donc 25 années avant les événements de Deus Ex premier du nom. En l'an 2027, plus précisément. A cette époque, les augmentations cybernétiques commencent à se démocratiser grâce à Sarif Industries, une société pionnière dans ce domaine. D'un côté, nous trouvons les pro-implants et de l'autre, un groupe actif baptisé Purity First qui refuse en bloc l'idée même d'augmenter les capacités physiques des humains via une drogue dangereuse. En passant, Sarif est d'ailleurs l'employeur d'Adam Jensen (vous), qui est un ex agent du SWAT au passé torturé. Alors que tout se passait bien dans la vie du bonhomme, une troupe d'élite de personnes augmentées envahie le complexe de la multinationale où Megan Reed (votre ex compagne) est tuée et laisse pour mort Adam. C'est alors à ce moment précis que ce dernier va être sauvé par son patron en remplaçant par des augmentations les jambes, les bras, la cage thoracique, les yeux et ajouter au passage des implants neuraux. Six mois de rééducation plus tard, Adam doit partir à la recherche des investigateurs de cette attaque pour faire la lumière sur ce qui semble être une machination mondiale. Après deux bonnes heures, on se trouve donc dans une bonne position pour dresser une première liste des quelques défauts et des qualités du soft.
Tout d'abord, notons de cruelles limitations du côté technique. En effet, la modélisation des visages, ainsi que leur animation, en passant par la manipulation des corps, sans oublier des textures assez pauvres laissent apparaître un titre qui n'est pas à la hauteur des grosses productions actuelles et ce, à cause d'un moteur graphique à la traîne. Mais là où les développeurs d'Eidos Montréal flirtent avec la perfection, c'est du côté du level design parfaitement maîtrisé. On a ainsi l'impression d'avoir une liberté d'action ahurissante tant les différents objets/couvertures/pièces/etc. sont disposés avec minutie dans les niveaux. Pour illustrer le tout, prenons l'exemple de cette mission où l'on doit découvrir le nom d'un pirate qui est entré dans le réseau de Sarif Industries. Sur le terrain, on s'aperçoit que des dizaines d'hommes armés sécurisent le périmètre. Pour le coup, inutile de jouer les gros bras car même si on serre les fesses autant que faire ce peu avant de partir la fleur au fusil à la confrontation, on se retrouvera en train de lécher le macadam en moins de temps qu'il n'en faut pour dire " Pikatchu" . Non, ici, il faut choisir précisément sa couverture en analysant les déplacements des troufions. Puis, en arrivant à l'endroit où se trouve l'ordinateur à pirater (via un mini-jeu très prenant), on peut alors faire le choix de neutraliser les deux plantons, ou de continuer son approche à la Solid Snake.




Le choix d'avancerD'ailleurs, cette dimension de choix est sans aucun doute la force majeure de ce Human Revolution. Clairement, il y a au minimum toujours trois solutions à une situation donnée. Continuons de donner des exemples pour mieux comprendre. On doit rencontrer le gérant d'une boîte de nuit, mais l'accès est réservé aux membres du club. En débloquant l'augmentation Sociale, je pourrais jouer sur les sentiments du videur. Le problème, c'est qu'en l'occurrence, je n'ai pas acheté cette amélioration. Soit. Mais je sais qu'en revenant plus tard mener mon enquête en ayant cette augmentation, je pourrais passer sans problème. Ensuite, je peux discuter avec le videur qui me dit que je dois dépenser 1000 crédits pour rentrer. Eh puis quoi encore ?! Plus simplement, je peux la jouer Rambo et dessouder le belligérant à la force de mon flingue. Ou encore, je peux surprendre les conversations de personnes qui disent savoir où se trouve un conduit débouchant dans les toilettes des femmes du bar. Ni une, ni deux, je scrute le bâtiment avant d'apercevoir qu'il y a en effet une entrée dérobée. Durant votre longue aventure (trente bonnes heures en terminant les quêtes secondaires), vous vous apercevrez qu'il existe des multitudes de couloirs secrets, des mûrs à briser d'un simple coup de point, ou des corniches à arpenter, pour peu que vous disposiez des bonnes augmentations. Que vous soyez un adepte de la manière forte, ou un espion en herbe, vous trouverez toujours une façon adéquate de réussir un objectif. Néanmoins, sachez que Human Revolution est tout d'abord pensé pour favoriser l'infiltration - on y meurt en trois ou quatre balles - mais les développeurs réussissent haut la main leur baptême du feu de ce côté.
En outre, cette liberté dans les décisions force certes le respect, mais le soufflet retombe un petit peu lorsque l'on se penche sur le cas des villes. Effectivement, si vous vous attendiez à entrer dans tous les bâtiments pour chercher des renseignements sur le background du titre, ou que vous pourriez parler à tous les personnages du jeu, alors Deus Ex : Human Revolution n'est pas celui que vous attendiez. Toutefois, le reste du soft fourmille clairement de choses à faire. Des nombreuses missions secondaires parfaitement imbriquées dans la narration (un moyen en or pour améliorer les capacités physiques d'Adam), des terminaux/ordinateurs à pirater pour recevoir des bonus d'XP et s'aider pour progresser dans un niveau, ou tout simplement chercher des munitions, des détails sur la vie de l'époque, des vivres, etc. La liste des possibilités est immense. En gros, la ville est une marionnette et vous êtes le marionnettiste. Celui qui façonne votre progression, l'avancement de l'histoire et la finalité de votre quête.
Suite de quoi, je ne peux pas conclure cette article sans évoquer son écriture fabuleuse. Les développeurs ont en effet respecté les bases du jeu original. Comprenez que DEHR se penche, comme son illustre aîné, sur des faits de société réels. En témoigne ces questions sur la condition de certaines femmes dans ce monde, qui, se voient contraintes d'être augmentées pour satisfaire leurs clients masculins. On peut aussi se demander si la science est condamnée à stagner pour ne pas que des personnes sans scrupules détournent l'avancée à des fins dangereuses. En passant par la portée des politiques qui, malgré des restrictions données aux entreprises, ne peuvent absolument rien contre les craintes de la population face à un chamboulement du système. Finalement, il faudrait des jours pour énumérer les points soulevés par les concepteurs, mais je vous laisse tout le bonheur de les découvrir, puisqu'en plus d'être une aventure aux gameplays maitrisés et à l'écriture ciselée, Human Revolution est une expérience à laquelle on se doit tous de prendre part.
• L'univers profond
• Des gameplays maîtrisés de bout en bout
• L'ambiance visuelle et sonore
• Des textures perfectibles
• Quelques soucis d'I.A.
• Animations des personnages plutôt moyennes
Verdict
Eh oui chers lecteurs, arrive déjà le moment cruel de conclure ce test. A cause du manque de place, je ne peux malheureusement pas continuer de vous parler encore et encore de mon aventure sur Human Revolution. Mais sachez que là où s'arrêtent ces lignes, vous reprenez le flambeau pour écrire votre propre histoire. Celle d'un James Bond, discret et agissant dans l'obscurité, ou, diamétralement opposé, vous pouvez revêtir la combinaison d'un agent qui ne laisse aucune vie après son passage. Les forces de ce titre sont nombreuses (une ambiance irréprochable, des approches diverses des objectifs, une difficulté savamment dosée, etc.) et c'est pourquoi on espère que l'on reverra cette franchise à un niveau de perfection encore plus pointu dans une petite poignée d'années. Mais qu'on se le dise, Eidos Montréal signe l'arrivée de Deus Ex : Human Revolution au panthéon des meilleurs jeux vidéo de cette dernière décennie. Un titre bien mérité.
Le Village PCA

Graphismes
8 / 10Cette version PC est clairement au dessus du rendu sur consoles. Toutefois quelques textures sont en deçà des productions actuelles comme le ciel et quelques décors. Mais qu'on se le dise, l'ambiance visuelle de DEHR en jette !
Jouabilité
8 / 10Infiltration, gros bras, roublardise et analyse du terrain, voici les ingrédients que vous trouverez tout au long de votre progression dans le jeu. Pour un premier essai, les développeurs de Eidos Montréal font vraiment, vraiment très fort.
Son
8 / 10Les musiques et les bruitages sont fantastiques tout comme la VO. Ce titre dispose d'une réelle identité sonore, une chose bien rare dans le petit monde vidéo-ludique. Concernant les doublages français, ils sont dans la moyenne haute des titres actuels.
Durée de vie
8 / 10Il vous faudra un peu plus de trente heures pour boucler entièrement l'aventure Human Revolution en comptant les quêtes secondaires. Sinon, au cas où vous êtes un amateur de vitesse, le tout est faisable en moins de vingt heures. Du solide !
Fun
9 / 10Quel bonheur de se plonger dans l'univers cyberpunk de DEHR. Puis, une fois l'aventure bouclée, on ne peut pas s'empêcher de recommencer pour découvrir les 5 fins différentes et saisir parfaitement toutes les subtilités du scénario.