Test de jeu / / Bulletstorm

- publié le 16 mars 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :24/02/2011
- Développeur :People Can Fly
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :FPS
- Visitez le site officiel
Aujourd'hui, j'ai dit à ma bouchère que j'avais charcuté plus de viande en 7 heures qu'elle n'en travaillera jamais en dix ans. Un long rire nerveux et un regard accusateur plus tard, je fus enchaîné la tête en bas dans son arrière boutique en attendant les autorités. Si on ne peut même plus rigoler...




Ca va trancher chérieQu'est-ce que c'est que Bulletstorm ? Une question que vous pourriez éventuellement vous poser si vous aviez passé l'année qui vient de s'écouler dans un Trek en Ouzbékistan. Puisqu'il faut bien reconnaître que la campagne de promotion d'Electronic Arts a été massive, vantant à qui voulait bien l'entendre que ce soft allait être l'anti-Call of Duty. Les développeurs ayant même développé un mini-jeu répondant au nom de Duty Calls qui dénonçait l'ambiance débile et la progression extrêment linéaire des jeux du genre. Ainsi, Bulletstorm se destinait à un public hardcore en quête d'une aventure créative. Eh bien dans la pratique, "Boulettestorm" c'est un FPS léger, couillu et finalement assez loin de ce que l'on nous disait. En clair, l'aspect hardcore tant attendu se résume malheureusement à un jeu Arcade centré sur du scoring pur et dur.
Pour survivre à cette tempête de balles on incarne Gray, un mercenaire surentraîné adorateur des dieux Alcool et Destruction Massive. Longtemps utilisé comme une arme par le général Sarrano, le bougre et son équipe s'aperçoivent dès le début qu'ils éliminaient un à un des innocents se battant pour dénoncer les atrocités comisses par le général. Ni une, ni deux, Gray et ses hommes décident de se retourner contre leur employeur. Leur objectif : détruire le gigantesque vaisseau interstellaire du général avec un petit rafiot bouffé par la rouille. Le combat est épique et très stylisé et se conclue par un atterrissage catastrophe sur une planète voisine. Toujours vivants, Gray et ses hommes décident de chercher Sarrano et de se servir de lui pour retourner sur la planète d'où ils viennent. Néanmoins, l'endroit du crash est un astre dévoré par une guerre perpétuelle entre plusieurs tribus : les Skulls, les Creeps et les Burnouts. Première surprise, le scénario est très bien huilé ! Dans le même ordre d'idées, il faut dire que l'on a pas l'habitude de voir des personnages aussi charismatiques, profonds et recherchés. On s'entiche donc rapidement des anti-héros que l'on croise au cours de la progression et mieux, on ne s'ennuie pas un instant (pas à cause du scénar' tout du moins) au cours des sept heures nécessaires pour boucler l'aventure grâce à un humour graveleux efficace et à des cascades d'événements ravageurs.




Scoring party baby !Le scénario étant très correct, on attendait donc Bulletstorm sur son versant hardcore. Et la ... surprise ! De ce côté, on est bien loin de ce que l'on s'imaginait (ou plutôt espérait). Le bébé d'Epic et de People Can Fly n'est qu'un basic shooter à scoring tout juste moyen dans ses mécanismes. Pour comprendre, il faut savoir que lorsque l'on tue un ennemi, un nombre de points nous est reversé : on appelle ça les Skills Points. Imaginez que l'on projette quatre belligérants dans les airs avec notre lasso, qu'on lance une foreuse géante dans un des fondements des ennemis volants, qu'on éjecte la cervelle d'un autre grâce au fusil à lunette (la trajectoire de la balle peut être modifiée grâce à la souris) et que l'on attende que ceux restants reviennent sur la terre ferme afin de leur balancer un coup de pied les envoyant dans le vide, ou dans les piques d'un cactus. Rien que ça ! Avec les milliers de points que vous amasserez dans l'aventure, vous trouverez très souvent des bornes grâce auxquelles vous pourrez acheter des recharges et même consulter l'un des 131 skillshots disponibles.
Seulement voilà, on se sert souvent des mêmes combos (certains seront même disponibles que de très rares fois au cours de la progression) et on ne sera jamais obligé de consulter ledit catalogue pour s'adapter à nos adversaires. Hardcore, vous disiez ? Quelle blague ! J'imaginais devoir absolument consulter la liste pour tuer un bosse monstrueux qui serait inébranlable face à des simples rafales de balles. Que nenni ! On avance de protection en protection, on arrose tout ce qui bouge, on change d'armes de temps en temps (une toute petite dizaines étant disponibles) et on active un énième script pour avancer. Puisque oui, Bulletstorm est, à l'image de n'importe quel autre FPS, à 200% basé sur des scripts. Comment on dit déjà ? Hardcore? ...




A deux, ce n'est pas forcément mieuxAprès avoir mené à bien le combat de fin (une série de QTE à réussir dans un temps imparti), que reste t-il ? D'abord, nous avons le mode Echo. Dans ce dernier, on revient dans les niveaux fermés du mode solo et on tente d'exploser le score de nos amis. Si vous vous attendiez à bénéficier de niveaux inédits, c'est raté. Du coup, on décide de se plonger dans le multi et là, c'est le drame. En l'état, celui-ci est d'ores et déjà en sursis. Principalement à cause du peu de cartes disponibles et d'un manque total de communication avec les trois autres joueurs présents. On se contente de poutrer les différentes vagues d'opposants et de réaliser un combo final pour tuer le boss. Si les développeurs ne se chargent pas d'implanter des cartes supplémentaires, ou plus simplement d'ajouter de nouveaux modes, alors on ne donne pas cher du multi pour les semaines à venir.
Quoi qu'il en soit, avouons que c'est du côté des graphismes que Bulletstorm tire son épingle du jeu. Son design typé Gears of War (hérité par Epic) et ses paysages très colorés sont appréciables. On regrette toutefois que l'on avance souvent dans des couloirs étriqués et qu'il suffit de jeter un oeil aux alentours pour savoir que des créatures arriveront. Signalons aussi la présence de murs invisibles et de plusieurs bugs gênants lors de retours répétés sur le bureau. Au final, le titre d'Epic et de People Can Fly est un shooter bourrin à la progression linéaire, assez simple, contenant peu d'armes, mais avec des personnages et des graphismes soignés. En bref, les choses qui le font sortir de la masse des jeux du genre sont peu nombreuses. Heureusement que les bruitages, la musique et les doublages français sont de très bonne facture...
• L'histoire
• La réalisation
• L'humour
• Linéaire
• Le multi très pauvre
• Assez répétitif
Verdict
Bulletstorm est un FPS bourrin destiné à ceux qui ne veulent pas se prendre la tête à chercher des solutions. Par conséquent, le côté hardcore promis pendant la campagne marketing du soft est aux abonnés absents et on est malheureusement très proche de ce qui se fait chez la concurrence. Heureusement que son scénario est très correct et que son système de Skills Shots est original, mais sous exploités. En sus, le soft est rapidement rattrapé par son côté linéaire, sa répétitivité outrancière, et plus simplement par ses scripts que l'on sent arriver à 10 kilomètres et qui pèsent de surcroît assez lourd sur la fluidité de l'action. Au final, Bulletstorm n'apporte pas grand chose au genre, si ce n'est sa patte graphique et sa manière bien à lui de faire grimper les scores. On en attendait plus...
Le Village PCA

Graphismes
8 / 10De ce côté, les développeurs ont fait du très bon boulot. Le design général est léché, les personnages typés Gears of War sont imposants et on aime se fondre, le temps d'une tempête de balles, dans les niveaux.
Jouabilité
6 / 10Au final, la répétitivité se fait durement ressentir. La faute à une toute petite poignée d'armes disponibles et à des niveaux étriqués. Avec un peu plus d'imagination, les skills shots auraient pu être mieux exploités.
Son
8 / 10La musique, les bruitages et la version française sont rondement menés. Ca explose de partout, l'humour est omniprésent et c'est tout ce qu'on pouvait attendre de Bulletstorm.
Durée de vie
6 / 10Environ 7 heures sont nécessaires pour boucler le solo. Le peu d'intérêt du multi et même du mode Echo est dommageable. Espérons que des mises à jour arrivent bientôt, sans quoi, il se pourrait que les minutes du multi ne soient comptées.
Fun
7 / 10Les développeurs réussissent à nous retenir en halène grâce à un scénario très correct, mais la liberté d'action promise est réduite à cause d'armes peu nombreuses et à des joutes qui tournent rapidement en rond.