Test de jeu / / Assassin's Creed : Brotherhood

- publié le 6 avril 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :17/03/2011
- Développeur :Ubisoft Montréal
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Genre :Action / Aventure
Assassin's Creed, la licence phare d'Ubisoft, revient enfin sur nos PC après une longue attente. Eh non, ce n'est pas d'Assassin's Creed 3 qu'il est question dans ces lignes, mais de l'épisode Brotherhood qui nous replonge dans la vie de l'étalon de Toscane répondant au nom d'Ezio Auditore Da Firenze. Un nouvel opus où l'on pourra trancher des gorges accompagnés par des padawans redoutables. Ca a le mérite de nous coller la bave aux lèvres, pas vous ?




My preciousNe passons pas par quatre chemins, commençons ce test par un coup de gueule. Alors oui, on retrouve Desmond et sa clique, oui l'histoire de ces derniers avance un peu plus, mais franchement, ça en est tellement devenu abracadabrantesque et lourdingue qu'on se fout complètement de cette trame. D'ailleurs, allons plus loin en disant que les passages avec l'ancien barman reconverti en super équilibriste grâce aux souvenirs de ses ancêtres - à la libido débordante - (bah oui, qu'est-ce que vous voulez, c'est la mode) sont les plus indigestes à jouer. On est dans une grotte au début et... dans une grotte à la fin. Franchement, on peine à comprendre le fossé gargantuesque qui oppose les aventures de ces deux personnages jouables. C'est si réducteur, mais tellement vrai : On s'amuse comme un dingue avec Ezio et on s'ennuie sec avec Desmond. Parce que oui, l'épopée d'Ezio est tellement mieux réalisée et immersive qu'on se passerait volontiers d'une pseudo chasse à l'homme organisée par Abstergo. Ne baissez pas les yeux, vous m'avez compris. De son côté, Ezio est contraint de retrouver l'homme à qui il avait laissé la vie sauve dans le précédent volet (SPOILER ALERT !) et de mettre un terme à l'oppression qui est omniprésente dans Rome. Première surprise, la ville fourmille d'activités diverses et variées. Qu'on se tourne vers les missions principales ou secondaires, les événements sont épiques et on ne lâche jamais son regard de l'écran. Bon d'accord, on a l'impression d'avoir déjà faites quelques missions par le passé, mais rien de bien méchant. Il faut aussi savoir que le terrain de jeu proposé par Ubisoft est trois fois plus grand que les villes d'Assassin's Creed 2. Un détail qui fait toute la différence. Le Colisée, Les Thermes de Caracalla, le Forum, la Place d'Espagne, le Palatin : tous les lieux illustres de la belle Roma ont été reconstitués avec une précision d'orfèvre. Ainsi, on prend un plaisir fou à dénicher les drapeaux disséminés ça et là, à collecter les plumes, à explorer des ruines antiques, etc.
Grande nouveauté de cet opus, il est même possible de libérer un à un les quartiers de Rome qui sont sous le courroux de la famille Borgia. Pour ce faire, il faudra tuer le lieutenant en poste ainsi que sa garde et détruire la grande tour d'influence qui tourmente les habitants. Suite de quoi, le quartier retrouvera son calme et il sera même possible d'investir dans des échoppes pour bénéficier de nouveaux équipements avec de l'argent durement gagné au fil des missions. Ce cocktail confère au jeu une durée de vie astronomique comme on aimerait en voir plus souvent. Bien entendu, tous les problèmes récurrents de la série n'ont pas entièrement disparus. On est toujours en face d'un clipping désastreux (l'apparition de personnages ou d'objets au dernier moment), d'une synchronisation labiale inexistante, et surtout d'une intelligence artificielle à la ramasse. De ce fait, il est monnaie courante de se faire oublier d'une douzaine de gardes en se dissimulant dans une foule de personnes juste devant leurs yeux, ou encore d'être invisible pour ces mêmes combattants alors que l'on vient de balancer un corps encore fumant sur eux après un coup de feu retentissant. Nous ne parlerons même pas des gardes qui veulent nous tuer en nous accusant de les avoir heurté alors que nous nous trouvions à dix mettre d'eux. Risible.




Bienvenue à l'Assassin's Club !En revanche, les objectifs sont variés et on a jamais l'impression de faire sans arrêt la même chose (un point noir du premier Assassin's Creed qui s'efface, donc). De ce côté, la construction des missions est magistrale. En sus, notons que les graphismes sont époustouflants, même si le moteur graphique accuse le poids de nombreuses années de bons et loyaux services. Toutefois, les divers effets nous en mettent tout de même plein les mirettes et on apprécie de découvrir tous les recoins de Rome (sans chargements !) avec un design aussi charmeur. Allez si, pour chipoter, on déplore quelques infimes baisses de framerate de temps en temps et, comme dit plus haut, un clipping toujours à la ramasse, mais rien de rédhibitoire. Pour le coup, c'était vraiment pour chipoter. Et les combats... parlons-en, tiens ! Ceux-ci sont beaucoup plus énergiques que ceux des précédents volets grâce à l'introduction de coups de pied qui cassent le rythme des " contre-attaques " perpétuelles des autres Assassin's Creed. On peut ainsi alterner brillamment les coups d'épée, de pied puis terminer sur un coup de feu dévastateur. Pour le reste, il faudra trouver le bon timing afin d'enchaîner les combos ravageurs et devenir l'assassin le plus redouté de tous les temps. Certes, le manque de difficulté saute aux yeux, mais il a le mérite d'insuffler une impression de toute puissance lors de la progression.
Pour conclure sur les bastons, on ne pouvait pas oublier le nouveau système de confrérie. Pour faire simple, des habitants sont menacés de mort par des gardes et on peut leur venir en aide. En les délivrant du danger, ces hommes et ces femmes nous sont redevables et décident de se joindre à notre cause. C'est dans ces conditions qu'ils revêtissent l'habit d'un assassin. Tous ces personnages peuvent être appelés via une simple pression d'une touche pour terrasser des ennemis dérangeants. Certes, la difficulté en prend encore un sévère coup dans l'aile et on ne se contente de faire appel à eux que pour être gratifié d'une synchronisation complète. Ceci dit, sachez qu'on peut les envoyer en missions dans les quatre coins de l'Europe pour leur faire gagner de l'XP et modifier leurs aptitudes, mais dans ce cas, ils seront indisponibles pour nous porter secours en cas de coup dur. A ce titre, précisons qu'ils peuvent mourir et vous devrez repartir à la recherche d'un nouveau padawan pour combler la mort d'un comparse. Au final, ce système est sous-exploité et on peut totalement se passer de ces apprentis pendant toute notre progression (excepté lors d'une mission vers la fin du soft). Quoi qu'il en soit, on imagine que c'est une mise en bouche pour un usage mieux pensé dans le prochain Assassin's Creed, puisqu'à en croire la fin du soft, la suite s'apprête à être au moins aussi épique.




A plusieurs, c'est toujours meilleurEn plus de ses qualités indéniables, Assassin's Creed : Brotherhood dispose d'un mode multi conçu par les équipes d'Annecy. On pourrait croire que ce mode serait anecdotique, mais il n'en est rien. C'est même tout le contraire ! Concrètement, on se retrouve à sélectionner un avatar parmi une bonne quinzaine proposés et on se lance dans une chasse à l'homme dans des petites villes agités. Tous les modes proposés ont un but commun pour les joueurs : tuer, ou être tué. Sous cette phrase se cache du stresse, de l'adrénaline et une bonne dose de stratégie. Dans la ville grouillant de PNJ, les joueurs devront débusquer de la chair fraîche et plus précisément celle des " vrais " challengers. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette exercice simple sur le papier devient rapidement un cauchemar paranoïaque une fois sur le terrain. En effet, un cercle bleu se remplit en bas de l'écran pour signaler que notre cible est proche. Dans ce cas, il suffit de bien regarder le portrait de l'opposant et surtout ne pas se tromper puisque l'on perdra les points d'XP mis en jeu (pour déverrouiller des capacités spéciales). Aussi, les développeurs ont eu la malice de cloner les avatars disponibles et de coller aux PNJ des comportements humains. En gros, ils se mettent à courir, puis s'arrêtent, avant de se fondre dans un groupe et de repartir de plus belle. Un régal.
Mais ce n'est pas tout, car en plus d'être le chasseur, vous êtes aussi le chassé. En effet, vous pouvez voir si l'on vous prend en chasse grâce à des icônes rouges en haut à gauche de l'écran. Puis, si un ennemi décide de courir puis de vous attaquer, alors le jeu vous avertis que quelqu'un veut vous tuer et vous indique qu'en pressant une touche vous déclencherez une humiliation. Une manipulation extrêmement rapide à réaliser si vous voulez vous en sortir indemne. S'il ne fallait retenir qu'une chose dans ce multi, ce serait son impression de n'être jamais en sécurité et que tout le monde peut être un ennemi potentiel. On a donc droit à des phases stressantes et jouissives parfaitement développées. Sans aucun doute, le multi est aussi intéressant que l'expérience solo. A ne pas manquer.
• Rome : une ville qui fourmille de choses à faire
• L'aventure solo longue et passionnante
• Le multi
• L'Intelligence artificielle toujours aussi limite
• Le clipping prononcé
Verdict
Malgré les craintes des joueurs, les studios d'Ubisoft ont transformé l'essai avec brio. On est en face de l'épisode le plus complet et le mieux réalisé de l'histoire de la licence Assassin's Creed. Que ce soit via son solo long et agréable, mais aussi son multi haletant réservant une forte dose de stresse et d'émotions fortes pour les joueurs. En sus, le DLC et le patch ajoutés aux versions consoles sont directement sur la galette, de quoi nous convaincre entièrement d'acheter cet épisode d'exception. Evidemment, certains points sont toujours à la traîne dont un moteur graphique vieillissant, un clipping désastreux, ou encore l'histoire de Desmond devenue clairement soporifique et barbante. Laissez-nous profiter de l'expérience unique offerte par les ancêtres de Desmond plutôt que de nous fatiguer avec des histoires dignes d'un épisode d'X-Files, s'il vous plait. Puisque sans ces phases pompeuses et inintéressantes, Assassin's Creed : Brotherhood est une franche réussite.
Le Village PCA

Graphismes
7 / 10Malgré un moteur vieillissant, un clipping désastreux et quelques baisses de framerate, Assassin's Creed : Brotherhood assure le show. Rome est immense et fourmille de choses à faire.
Jouabilité
8 / 10Si on est pas convaincu par le système d'apprentis, on a la surprise de découvrir des combats plus fluides et musclés. Un plaisir.
Son
8 / 10La musique et les bruitages renforcent l'immersion. Un régal ! On regrette toutefois que la synchronisation labiale soit aussi calamiteuse.
Durée de vie
8 / 10Les plumes, les ruines à découvrir, les quartiers à libérer et reconstruire, le solo immense et le multi solide : vous allez avoir de quoi vous amuser de longues heures avec cet opus !
Fun
8 / 10On était peu emballé par ce titre et pourtant, Ubisoft Montréal propose le meilleur Assassin's Creed ! Contenu, modes solides et histoire passionnante, que peut-on demander de plus pour s'amuser ?