
Alpha Protocol
publié le 25 juin 2010- Etat : Disponible
- Développeur :Obsidian Entertainment
- Distributeur :Sega
- Thème :Espionnage
- Genre :RPG / Aventure
- Visitez le site officiel
- 28/05/2010
- 01/06/2010
- inconnue
Configuration minimale :Système d’exploitation : win Xp/vista
Processeur : 2.4GHz
RAM : 1Go
Carte graphique : GeForce 6
Voilà maintenant plus de deux ans qu’Obsidian Entertainment, à l’origine de Star Wars : Knights of The Old Republic II : The Sith Lords ou encore Neverwinter Night 2, a commencé le développement d’Alpha Protocol. Annoncé dès lors comme le meilleur jeu de l’année 2009, ce soft a été propulsé très haut par son éditeur, un peu trop même. Rapidement, cette phase de conception s’est révélée être un cafouillage innommable, qui a même contraint l’éditeur, Sega, à repousser plusieurs fois la sortie d’Alpha Protocol. Aujourd’hui, plus de deux ans après son annonce, ce titre mêlant phases d’action et jeu de rôle est enfin disponible sur nos machines, et c’est l’occasion pour nous de vous proposer un test en bonne et due forme.
Michael Thorton est un homme comme les autres. Plutôt sûr de lui et patriotique, le bougre n’hésite pas une seconde à s’enrôler pour le compte d’une organisation gouvernementale ultra-secrète. Une chance pour le quidam, ce groupe occulte enquête actuellement sur l’attaque d’un avion de ligne américain. Visiblement, un groupuscule du Moyen-Orient vient de poser ses mimines sur plusieurs missiles sol-air. Et ces individus ne souhaitent qu’une chose : faire sauter la quasi-totalité des Etats-Unis. C’est dans ce contexte familier aux fans de 24, Mission Impossible, ou toutes autres productions Hollywoodiennes que la fin du pitch arrive : il n’existe qu’un seul homme pour mettre un terme aux menaces des terroristes, Miky !




Une fois la cinématique d’introduction passée, le joueur est propulsé dans un premier niveau qui n’est autre qu’un tutoriel complet. Ici, une équipe se tient prête à savoir ce que vous avez dans le ventre, avec une approche du gameplay de ce titre. Plus particulièrement, les premières minutes de l’aventure, en plus d’être longue à démarrer, permettent de découvrir le système de dialogues. Si ce dernier peut être assimilé à celui de Mass Effect, on découvre un ajout s’avérant embêtant : l’implantation d’un laps de temps pour valider le ton de votre réponse. Vous pourrez penser à un coup de pression de la part des développeurs, mais avec une mauvaise liaison entre le doublage anglais (l’audio Français n’est pas disponible) et les sous-titres, le tout est au final assez maladroit. Donc, ce petit intervalle dont vous disposez est assez frustrant lorsque l’on rate la sélection. Conséquence directe, une ligne du script est présélectionnée et peut s’avérer contraire à votre stratégie à long terme. En effet, les dialogues ont une importance cruciale sur l’intégralité de votre progression. Epargnez un ennemi et il se peut qu’il vous renvoie la pareille, draguez une collègue et vos nuits seront bien occupées… Ce n’est pas tout, puisque lorsque le joueur pousse sa curiosité durant un entretien, il peut ressortir avec des informations cruciales sur la position d’un personnage important, ou même un bon paquet de billets verts ! Puis, sur la forme comme sur le fond, les dialogues sont furieusement efficaces, et virevoltes même de part la cohérence des répliques. A lui seul, ce système est le mieux pensé, et de loin, d’Alpha Protocol, malgré quelques mauvais réglages. En clair, la narration peut vous pousser à poursuivre l’aventure jusqu’à la délivrance du générique final.
Le second aspect qui peut récolter nos louanges est le système de compétences très fourni. Bâtissez un personnage plus axé infiltration et vous serez bien armé pour les mini-jeux de piratages d’ordinateurs et crochetages de serrures. Alors que si votre personnage est une machine à tuer très puissante aux combats et dans l’utilisation d’armes, vous aurez alors du fil à retordre dans ces phases. Autant d’aptitudes qu’il faut répartir intelligemment pour éviter d’être bloqué dans une phase de jeu. Le moindre écart est donc payé au prix fort, et assez rare pour être noté, il est possible de rater son personnage. Néanmoins, l’écart trop important dans le cas où un point n’est pas bien utilisé peut bloquer une situation. Et cette approximation dans l’équilibrage de la difficulté va quelques fois agacer les joueurs les moins persévérants. Un point fébrile donc qui avec plus de précision pourrait être une franche réussite. A noter que ce curieux sentiment d’inachevé s’étend jusqu’aux moteurs du jeu : la visée et l’intelligence artificielle.
En effet, ces deux points ne peuvent faire la différence à aucun moment. Du côté de la visée, celle-ci est datée et très imprécise. Et ce même si l’on passe du temps à se familiariser avec le réticule, qui se rétracte après un court moment sur sa cible. Vous aurez donc trop souvent l’impression de manquer l’immanquable, un peu comme on rate un éléphant dans un couloir. Ceci-dit, en répartissant les points d’expériences adéquats, la précision s’améliore, mais sans pour autant convaincre à un seul moment ! Dommage. Concernant l’I.A., le constat est navrant et carrément à la limite du ridicule. Ainsi, un ennemi peut surgir à n’importe quel moment sans que l’on comprenne ce qu’il faisait là, d’autres ne bougeront plus jusqu’à ce que vous les tuiez, ou pire, certains kamikazes fonceront sur vous pour vous faire avaler votre extrait de naissance. Par conséquent, que vous adoptiez une approche silencieuse ou « à la Rambo », l’impression d’être inefficace, et surtout dépassé par les événements, est omniprésente. Sans oublier la quasi-impossibilité de progresser incognito si vous optez pour l’infiltration, et même le rythme accablant des combats armés. Vous l’aurez compris, l’I.A. est indigne d’un titre qui se voulait être un modèle du genre !




Et les soucis continuent au moment de se planquer derrière des éléments du décor pendant une fusillade. Puisque le but principal étant de ne pas finir aussi troué qu’un Emmental, n’est-ce pas ? Souvent, le personnage refuse de se couvrir alors que rien ne l’en empêche, ou encore, il ne parvient pas à se décoller d’un mur pour continuer une percée dans les lignes adverses. De ce fait, au bout de quelques missions l’envie de foncer tête baissée dans des combats au corps à corps prendra vite la place, et s’avérera aussi efficace que toutes vos pièces d’artillerie. Au passage, notons que l’éventail des fusils, pistolets, grenades est bien garnie et qu’il est possible de les personnaliser jusqu’aux moindres détails avant de partir en mission.
Ceci-dit, les problèmes techniques ne s’arrêtent pas à la couverture, puisque les développeurs ont fait le choix d’imposer une caméra quasiment collée à notre ami Michael. Le résultat est un angle de vue très restreint et qui ampute grossièrement la progression à cause de son étroitesse. En effet, découvrir un adversaire au dernier moment est monnaie courante. Ce qui est très dérangeant si vous avez conçu un avatar centré sur la discrétion, mais aussi lors des phases de tir, puisque l’on cherche souvent sa cible.
A l’image du reste du jeu, les graphismes souffrent grandement, sans doute à cause des retards accumulés. Quoi qu’il en soit, les quelques animations sont datées, et même à la limite du ridicule. On découvre donc les mêmes gestes pour la totalité des personnages présents dans Alpha Protocol. La conclusion est accablante, visuellement les développeurs rendent un travail bâclé, et on se demande même si c’est bien l’Unreal Engine qui a été utilisé tant le tout manque de personnalité. Logiquement, le framerate crie famine au moindre déplacement, à moins d’avoir une configuration capable de contrôler un satellite de la NASA (et encore). La petite surprise vient d’un level design assez propre et varié, qui a le mérite de ne pas confiner le joueur à de simples couloirs étriqués, comme c’était très souvent le cas dans Mass Effect 2 par exemple. Le comble du comble est acquit lorsque l’on observe de plus près les mouvements de Thorton. A notre plus grande torpeur, lorsque l’on presse un tantinet sur le bouton « avancer », le bougre glisse sur le sol. Oui, vous avez bien lu ! Une des nombreuses approximations qui estropie un peu plus la technique bancale de cet opus.
Lorsque vient le temps pour le jeu de s’accélérer (après le premier pays), on découvre alors un panel très impressionnant de données en tout genre, qui permet de façonner l’histoire principale. L’envie de s’attarder dans le QG mis à votre disposition par l’agence se fait donc plus sentir. D’ici, vous pouvez répondre à vos mails, regarder la télévision pour prendre la température d’un monde en déclin, jeter un œil à vos armes, investir de l’argent durement gagné sur le terrain au marché noir et même de choisir votre mission avant de quitter la planque. En un mot : varié ! Difficile de ne pas penser au vaisseau du dernier RPG/Action de Bioware, et même dans beaucoup d’autres éléments du jeu. Mais ce n’est un secret pour personne, Obsidian a été voir ce qu’il se faisait chez la concurrence pour peaufiner ses idées. Dernier point à évoquer, la durée de vie. Celle-ci est correcte pour le genre : environ vingt heures si vous fouillez un peu partout, ou quinze heures si vous foncez tête baissée. Evidemment, l’intervention des choix durant les dialogues et les prises de positions pour le mal ou le bien vous garantissent de nombreuses fins. Enfin, l’univers vous réserve bien des surprises, et la possibilité de répartir les points d’expériences à votre gré, place le facteur rejouabilité du bon côté de la balance.
• La durée de vie
• Les choix
• Rejouabilité
• Une technique bancale (visée, bugs, système de couverture)
• Difficulté mal équilibrée
• Intelligence artificielle
Verdict
Très attendu par les joueurs après de nombreux reports, Alpha Protocol laisse un sentiment quelque peu mitigé. Avec une réalisation technique plus que bâclée (bugs, visée, animations dépassées, I.A.), et une narration soignée aux petits oignons (grâce à des dialogues d'une grande qualité, des choix dynamiques et une intrigue solide), le soft développé par Obsidian Entertainment est un de ces jeux que l'on voit très rarement. En effet, nous avons là une petit perle sur le fond, mais franchement bâclée sur la forme. Au final, Alpha Protocol récompensera les joueurs qui ne s'arrêtent pas à l'esthétisme, mais qui poussent l'expérience à la découverte du moindre détail posé ci et là par le studio. A défaut de jouer la carte des graphismes grandioses, le titre s'avère être lent à démarrer, mais qui vaut la peine de fermer les yeux sur ses imperfections pour profiter pleinement de l'aventure.

Graphismes
5 / 10Alpha Protocol est un titre d'un autre âge. Avec des animations datées et un framerate qui hurle de douleur, les développeurs rendent une copie bâclée qui nuira à l'image du soft pour les moins courageux. Une erreur !
Jouabilité
6 / 10Clairement, la visée est exécrable et la caméra navrante. Toutefois, les dialogues ont été soignés et jouissent d'un impact direct sur la suite de l'aventure. Le savoir-faire d'Obsidian oblige, le côté RPG est grandiose.
Son
7 / 10Les dialogues sont très bien écrits, et joués par les comédiens, ainsi que les musiques qui sont de bonnes factures sans pour autant être originales. Néanmoins, ce sont les bruitages qui ne parviennent pas à nous convaincre de part le manque d'originalité
Durée de vie
8 / 10Plusieurs fins, les caractéristiques à manipuler à votre gré, une bonne vingtaine d'heure en furetant de droite à gauche : presque un modèle !
Fun
8 / 10A condition de passer sur l'aspect technique franchement en demi-teinte, Alpha Protocol est un petit bijou du RPG. Les nombreux documents et surprises qui vous attendent dans ce soft sont innombrables, et c'est ce que l'on demande à un RPG.