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Zoom sur Duke Nukem Forever | le 11 octobre 2010 à 10h46, par Thomas

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Putain douze ans. Douze ans qu’on attend le retour du grand blond bodybuildé aux lunettes noires sur nos PC et consoles. On ne compte plus les innombrables péripéties et communiqués de 3D Realms, qui nous ont rassurés ou qui nous ont faits paniquer, sur la maintenant plus célèbre arlésienne du jeu vidéo. Après moults coups de théâtre et la reprise du projet par Gearbox Software, Duke Nukem Forever n’a jamais été aussi proche de sa sortie. On a eu la possibilité de mettre nos petits doigts dessus. Let’s Rock !

C’est en compagnie de Randy Pitchford, co-fondateur et président de Gearbox Software, que nous avons pu jouer à Duke Nukem Forever. Une chance, pour nous autres journalistes, d’écouter avec attention la relation qu’il entretient avec Duke Nukem depuis plus de 15 ans. Une relation pas si anodine puisque Randy avait débuté son aventure dans le monde vidéoludique chez 3D Realms, et par la même occasion participé au développement du FPS qui fera avancer le genre à cette époque : Duke Nukem 3D. Après être parti et avoir fondé, avec quatre autres collaborateurs, Gearbox Software, il a vu au fil des ans le développement chaotique de cette suite spirituelle et l’effondrement d’une licence culte. Un véritable déchirement pour lui. Alors quand il a eu l’opportunité de reprendre la licence après la fermeture des portes du studio 3D Realms en 2009, le Randy n’a pas hésité une seule seconde.

Mais trêve de bavardages, même si le président de Gearbox arrive à nous convaincre de la sympathie qu’il porte pour Duke, on est là pour voir le titre, pour y jouer, rien que pour dire « je l’ai touché » (alors qu’on aurait du le faire il y a déjà 10 ans). Une petite démo d’une quinzaine de minutes nous attend au fond de la salle ; ni une ni deux, on court vers l’un des écrans pour se jeter sur la manette et appuyer fébrilement sur le bouton start. Et histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises, on n’oublie pas de se pincer le bras durant l’écran de chargement pour confirmer que tout ceci est réel. D’ailleurs, le speech de ce nouvel épisode est tout aussi développé que les phrases philosophiques du blondinet : les aliens, qui se sont pris une rouste monumentale il y a un peu plus de douze ans, reviennent sur Terre avec des motivations plus pacifistes, tout du moins officiellement. Pourtant Duke, devenu l’homme le plus riche et le plus célèbre du monde, n’est pas dupe des vraies ambitions de ces têtes de porc, surtout lorsque ces derniers enlèvent les plus belles femmes du monde pour les féconder et ainsi créer une énorme armée. Bref, it’s time to kick ass and chew bubble gum.

La démo se lance et nous place, comme introduction, directement devant un urinoir. Ca commence bien... Notre chère tête blonde, n’attendant que ça depuis douze ans, se vide allègrement la vessie et le fait entendre. On comprend alors très rapidement que nous nous situons dans des vestiaires, et plus précisément dans un stade de foot US. Mais pas le temps de se laver les mains, une guerre nous attend. Désarmé, on suit quelques soldats qui s’empressent d’aller au front ; et après quelques couloirs et de petites explosions scriptées en pleine figure, on réussit à se dégotter un joli Devastator pour terminer notre petit bonhomme de chemin directement sur la pelouse du stade. Le boss de fin de Duke Nukem 3D nous fait face, et là on se rend compte que tout ceci est un remake du dernier niveau. Sweet ! C’est donc parti pour un petit combat où le straf est de rigueur. Les salves de missiles pleuvent et la nostalgie bat son plein. Cependant, on grince des dents lorsque l’on voit que notre jauge de vie se recharge automatiquement (un peu à la Call of Duty) et que l’auto-aim est un poil trop présent. On finit le combat par un petit QTE où Duke terminera la séquence par un joli drop avec l’œil de son ennemi. Mais on n’est pas au bout de nos surprises…

La caméra s’éloigne alors de l’écran pour nous dévoiler une manette contrôlée par ce bon vieux Duke. Ce philosophe en herbe était entrain de jouer à son propre jeu tout en ayant deux jolies filles qui lui astiquaient le manche. L’une d’entre elles lui pose alors la question fatidique du : « Alors Duke, le jeu était-il bon ? », ce à quoi il répond : « Après douze putain d’années, il a intérêt à l’être ! ». De l’autodérision comme on l’aime. Duke n’a pas perdu sa langue depuis toutes ces années, et c’est tant mieux.

La démo sautera quelques niveaux pour nous emmener au quinzième stage du jeu, en plein désert. Duke doit alors traverser, avec son monster truck, un canyon envahi d’aliens. C’est donc parti pour un petit rodéo sur quatre roues où tout explose autour de nous. Boost à fond, quelques ennemis dispersés de ci de là tombent malencontreusement sous nos roues. C’est extrêmement linéaire et confiné (une impression de couloir dans un canyon), et l’on ne sait pas véritablement si le côté kitsch de cette scène est complètement assumé. En tout cas, s'il y avait une séquence similaire dans un autre jeu, on aurait déjà crié au scandale… Sauf que nous parlons actuellement de Duke Nukem Forever, et qu'on est prêt à lui pardonner pas mal de défauts. En guise de conclusion, on se grillera quelques côtes de porc à pied avec des armes que l’on n’avait pas vues depuis fort longtemps : le Rail Gun pour exploser des têtes d'alien, le Shrinker pour écraser nos ennemis, ou encore le Ripper et ses trois canons dévastateurs. On conclura la démo derrière une sulfateuse afin d’exploser le vaisseau de transport alien qui nous nargue depuis le début du stage. Une énième explosion plus tard, Duke, à terre, lèvera sa main accompagnée de son majeur pour les provoquer une dernière fois. Quel homme !

Cependant quand on ressort de cette démo, on ne peut qu’être mitigé. On est sincèrement ravi du retour de Duke après tant d’années, surtout que Gearbox Software a vraiment réussi à remettre au gout du jour son humour très « gras » (oui, on a eu des éclats de rire à plusieurs reprises). Mais de l’autre, on est quelque peu déçu de ce level design pas super travaillé et de ces graphismes clairement dépassés. Randy et son équipe ne doivent pas oublier que Duke Nukem 3D était à l'époque une référence dans ces deux domaines, et qu’actuellement Duke Nukem Forever est loin de proposer un contenu si poussé. Pour le moment, il n’y a que ceux qui ont connu cette tête blonde qui pourront, probablement, apprécier l’aventure, les autres y joueront que par simple curiosité, juste pour savoir ce que valait cette arlésienne de plus de douze ans. On a quand même encore le temps de voir le titre s’améliorer avant sa sortie prévue pour courant 2011. Wait and see.

dossier réalisé par Thomas


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