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Les Chroniques d'une Gameuse désespérée - Episode 1 : Semaine 4 | le 30 septembre 2011 à 18h09, par Shauni_chan |
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Le mois est passé vite, et nous voilà déjà à ma dernière chronique de septembre qui – pour rappel – avait pour vocation de faire devenir votre copain en véritable gamer hardcore pur et dur, de ceux qui deviennent niveau 30 sur World of Warcraft en moins d’une heure (si si). Voici donc aujourd’hui mes quatre derniers conseils afin de transformer votre Jules en la personne que vous avez toujours voulu qu’il soit… Suivez le guide, c’est ici et maintenant que ça se passe (ça fait bien pro ça, non ? Il ne manque plus qu’un générique, tiens).Conseil n°13 : Lui apprendre le langage des geeks (pour qu’il ne se sente pas largué pendant les conversations avec les potes)« Mais olol, je t’ai pwned en 1C1, tu rage c’too espeyce de low, go learn à play ton rogue en s3 x] ». Si votre tendre moitié n’a absolument rien compris, il va falloir lui donner des cours de langage geek. Sinon, il risque d’être totalement largué lorsqu’il viendra vous encourager lors de votre prochaine lan avec vos potes. Et Dieu sait qu’un homme digne de ce nom déteste être perdu dans une conversation, surtout si vous vous êtes complètement dedans « OMG tu roxx ! Tu m’a owned en deux deux ! ». Alors quoi de mieux pour le former que de le faire jouer à des MMORPG, affectueusement renommés Meuporgs ? Allez, on lui fabrique un petit coin douillet vers l’ordinateur et on démarre le cours…
Vous y jouez déjà, vous perdez la moitié de votre vie (et de votre argent) dedans : j’ai nommé le très célèbre World of Warcraft. Pour lui faire apprendre vite et bien, je ne connais pas mieux. Mamour sera immédiatement plongé dans un univers impitoyable où il devra emmagasiner un nombre impressionnant d’expressions spécifiques. Pour se faire, il devra se créer un personnage (humain, elfe, nain, tout ça), rejoindre une guilde si besoin et allez se battre contre de vilains méchants pas beaux. Une fois parfaitement acclimaté, il lui arrivera cependant de confondre les mots. « Je vais farmer, à ce soir » « Heu, travailler tu veux dire ? » « Ah oui. T’as compris toute seule, tu roxx ».
Ce langage ne lui suffit pas ? Apprenez lui le leet (ou 1337 pour les intimes) ! Mais là, c’est un autre niveau. Il lui faudra tout sa concentration, et vous toute votre patience pour lui permettre d’assimiler ce mode d’expression plutôt spécifique au monde des informaticiens. Mais bon, si ça lui fait plaisir… « Comment ? Tu ne parles pas le 1337 ? C’est dommage, tu loupes des tas de choses, si tu savais ». Vous connaissez le truc de la culture et de la confiture ? Moins on en a et plus on en étale ? Il risque de devenir comme ça.
Bon, ok, le leet c’est vraiment extrême, et ça m’étonnerait que vous l’employiez souvent. Du coup, le langage « basique » des meuporgs devrait lui suffire. Il en saura suffisamment pour suivre vos conversations, mais pas assez pour dire des bêtises. Parce que s’il ne connait rien au monde du jeu vidéo, il risque de vous mettre dans l’embarras devant vos copains en sortant des énormités du genre « Je trouve que Tomb Raider est un très bon survival horror ». Mon Dieu.Conseil n°14 : Le laisser déchainer ses pulsions destructrices (pour éviter qu'il ne tue le chien de la voisine (ou même la voisine))Le caniche des voisins qui aboie à trois heures du matin, il n’en peut plus, et d’ailleurs vous non plus. Mais à vrai dire, il vous inquiète un peu quand il passe des jours entiers a établir des plans afin de faire taire cet animal diabolique, ou de faire disparaître ses propriétaires… Bien sûr, ce n’est qu’un exemple. Cela marche aussi avec son patron, la caissière du supermarché, les enfants à la sortie de l’école, voire même sa belle-mère. Il est alors temps pour vous de réagir et de dégainer votre arme secrète (enfin, plus tout à fait) : les jeux vidéo. Et cette fois-ci, nous laisserons nos Jules se déchaîner à loisir grâce aux beat’em all et aux jeux de combat. Ah, c’est beau la technologie.
Titre de combat certainement le plus célèbre de tous les temps, je vous présente Street Fighter. Apparu pour la première fois en 1987 en arcade, puis en 1992 sur consoles et avec seulement huit combattants, il en compte aujourd’hui pas moins de 39. Votre moitié aura de quoi faire mumuse des heures durant. Et bien évidemment, pas de sexisme ici : homme ou femme, chacun en prend pour son grade, que ce soit Chun-Li, la chinoise aux grosses cuisses ou Guile, le militaire américain à la coupe de cheveux improbable. Votre copain sera ravi de balancer des boules de feu dans tous les sens et de devenir le meilleur combattant au monde. Rien que ça. « Hé, hé, t’as vu, j’ai enfin fini par battre Bison, c’est moi le plus fort maintenant ! ». Trop mignon.
« Salut, moi c’est Kratos, et je vais tuer tout le monde dans une effusion de sang ». Voilà à peu près le pitch de la série des God of War. Dans ces titres, Chéri chéri incarnera un commandant d’une armée de sparte qui a un beau jour décidé de tout liquider sur son passage afin de sauver son âme et faire oublier ses crimes. Il sera donc légion de se battre contre des créatures issues de la mythologie grecque, tels que des minotaures ou des cyclopes, et d’étaler leurs intestins sur son passage. L’amour de votre vie pourra laisser libre court à la bestialité qu’il refoulait jusqu’alors, histoire de ne pas finir en prison. « Voilà ce que je lui ferais à cette saleté de caniche s’il ose venir s’aventurer dans notre jardin ! ».
Dans le genre effusion de sang à gogo, vous pouvez également lui mettre entre les mains Splatterhouse. Que ce soit dans la version old school ou dans celle sortie plus récemment, Jules se battra contre des bestioles cauchemardesques à souhait afin de sauver sa bien aimée. Car oui, dans ce titre il s’agit de venir en aide à une demoiselle kidnappée par une scientifique fou habitant dans une demeure glauquissime. Le joueur sera bien vite équipé d’un mystérieux masque décuplant ses forces. Et alors là, à lui le carnage. Toute sa rancœur accumulée des semaines durant pourra enfin se déverser sur quelqu’un. Ca vous évitera de voir débarquer la police à la maison « Je te jure chérie, je n’ai pas voulu lui donner un coup de poing, c’est parti tout seul »…
Bien d’autres jeux peuvent bien évidemment se prêter à cet exercice. Nous pouvons par exemple citer Mortal Kombat (du sang et des fatality), Devil May Cry (le héros possédant une épée ET des pistolets), Bayonetta (la sorcière sexy toute de cuir vêtue) ou encore Dante’s Inferno (où le héros prend carrément la place de La Mort, rien que ça !). Grâce à vous, votre copain peut enfin déchaîner ses pulsions destructrices, voire meurtrières, le tout en ne devenant pas l’ennemi public numéro un. Alors oui, les jeux vidéo peuvent être violents, mais c’est pour le bien de l’humanité. Promis, il sera beaucoup plus zen après. Voire même totalement méconnaissable « Bonjour Madame Machin, quel adorable petit chien vous avez là ! ». Mais là, ça devient surtout flippant.Conseil n°15 : Lui faire découvrir les joies du métier de dictateurOu encore de Dieu. Oui, rien que ça. Et bien oui, le monde vidéoludique permet toutes les folies, même les plus mégalomaniaques. Car bien évidemment, votre chéri rêve comme tout le monde d’avoir les pouvoirs absolus sur la population et la nature. Et comme par hasard, nous avons ce qu’il lui faut. Au programme des réjouissances : des God game et des jeux de stratégie où il s’agira de développer une population afin de conquérir la planète (tant qu’à faire). Il va adorer ça « Il n’y a que les vrais hommes qui peuvent mener leur armée à la victoire. Des hommes comme moi ». Oh oui, son côté viril va vraiment aimer.
Un must du genre, et le fait que j’y ai perdu beaucoup de temps pendant mon adolescence ne compte pas : Age of Empire. On choisit sa civilisation (Français, Teutons, Chinois, etc), on construit son forum, on demande à ses villageois de récupérer des matières premières et roulez jeunesse ! De plus, le mode scénario nous donne des cours d’histoire, mine de rien. Après avoir joué, Mamour sera ravi d’étaler sa culture sur Gengis Khan, Jeanne d’Arc, Saladin et autres Attila le Hun. Ne riez pas, ces titres m’on sauvé la vie lors de mes cours d’histoire, à l’époque reculée où j’étais au lycée… Mais passons. Une fois son armée créée, Chéri chéri ne se sentira plus et ira mettre la pâtée à la moindre petite tribu nomade ayant osé s’installer sur ses terres. Quand on vous dit qu’il ne faut pas leur donner de pouvoir à ces bêtes là.
Dans les God game récents, nous pouvons citer From Dust. Ne nous attardons pas sur les nombreuses critiques formulées envers la version PC du titre, concentrons nous plutôt sur l’essentiel : le système de jeu. Le joueur incarne bien évidemment un Dieu. Ce dernier a le pouvoir de modifier à sa guise son environnement afin de permettre à une tribu de rejoindre des totems. Et il lui faudra faire face aux intempéries : tsunamis, éruptions volcaniques, inondations, etc… Mais absolument rien ne résistera à votre moitié qui se prêtera volontiers au jeu. Et y prendra bien vite goût, prenant parfois un malin plaisir à tuer des personnages (un peu comme quand vous, vous mettiez votre Sim dans une piscine sans échelle). Mais heureusement, Monsieur est magnanime « Ah quand même, heureusement que je suis là sinon ils meurent tous ! ».
Dans le genre « Je suis un Dieu tout puissant, obéissez-moi où ça va devenir chaud pour vous », nous avons également Black & White. Dans ce titre, nul besoin de conduire des nomades près de totems, il s’agit plutôt de convertir les villages alentours à votre religion. Pour ce faire, il suffit juste de montrer qu’on existe grâce à un système de sortilèges basés sur les éléments. Ou plus simplement, vous pouvez exaucer les prières de vos fidèles (guérir des gens, obtenir de bonnes récoltes…), ce qui aura pour conséquence de les rendre encore plus pieux. Si en revanche vous faites la sourde oreille, ils arrêteront de vous vénérer. Et oui, pas facile facile la vie d’un Dieu…
Et ce n’est qu’un échantillon du nombre incroyable que l’on peut trouver de jeux de stratégie et de God game. Et il y en a pour tous les goûts ! Le dictateur sommeillant au fin fond de votre chéri s’en donnera à cœur joie « Ah ah ah, obéissez-moi paysans, je suis votre maitre incontesté ! ». Et c’est la même chose avec les titres le transformant en Dieu : « Nom de moi-même ! » s’écrira-t-il lorsque quelque chose le contrariera. Bien sûr, il risque de devenir quelque peu insupportable par la suite. « Fais la vaisselle, femme ! J’ai faim, apporte moi quelque chose à manger ! ». Dans ces cas-là, le mieux est de tout simplement l’ignorer. « Qu’est-ce qu’il y a ? Tu boudes ? Non, s’il te plaiiiiiis parle moi ! ». Et oui, n’oubliez pas que derrière chaque grand homme se cache une femme…Conseil n°16 : Lui montrer que les jeux, ça peut lui apprendre des vannes du tonnerreIl passe son temps à faire des blagues qui ne font rire que lui ? Je sais ce que c’est, et croyez-moi quand je vous dis que je compatis. Sincèrement. Le pire là dedans, c’est qu’il croit qu’il est réellement drôle, et qu’il a les moyens de monter sur scène pour se faire son one man show rien qu’à lui. Histoire de faire en sorte qu’il s’améliore sans pour autant le vexer « Comment te dire ça sans te faire de peine… », faites le jouer à des titres réputés pour leur côté décalé, leurs vannes de plus ou moins bonnes qualité et bien sûr leur humour omniprésent. Ainsi, l’amour de votre vie apprendra en compagnie des plus grands. Quant à vous, vous n’aurez (presque) plus à vous forcer à rire.
Parce que l’humour des lézards est encore trop méconnu, vous devez lui faire connaitre Gex. Arrêtons-nous surtout sur le titre Gex : Contre Dr Rez. L’histoire ? Oh, un truc plutôt simple : une femme aux formes généreuses est enlevée, et la petite bestiole verte – agent secret de son état – doit la retrouver s’il veut… hum… vous voyez, quoi. Le joueur démarre dans le manoir de Gex, demeure remplie de niveaux ayant chacun leur thème. Votre homme explorera donc le monde des pirates, des grecs anciens, des super-héros, du petit chaperon rouge, de Sherlock Holmes, des égyptiens et bien d’autres encore. Et bien évidemment, l’humour est omniprésent dans tout le titre, et c’est un vrai bonheur d’écouter les vannes que lâche Gex de temps à autres. « Gare aux explosions de foufounes ! », « Je suis le Gecko on the Rock ! », « Je vais te sucer… le sang », « A boire pour Long Gex Silver ! », « On le tue tout de suite ou on boit un café d’abord ? », « Le problème c’est que je ne parle pas le hiéroglyphe », « Le musée Blake et Mortimer s’il vous plaît ! », et encore tellement d’autres, chacune étant propre au niveau dans lequel vous évoluez. Sans oublier, pour les connaisseurs, de très nombreuses références au monde cinématographique. Une vraie petite perle.
Quelques studios n’hésitent pas à parodier le petit monde du jeu vidéo. Parmi les quelques titres du genre, nous pouvons retenir les Matt Hazard. Dans Eat Lead : The Return of Matt Hazard, les développeurs se moquent gentiment des jeux vidéo des 25 dernières années. Ainsi, dès l’intro, on nous met dans l’ambiance : on nous fait visionner une rétrospective des titres dont Matt était le héros, avec bien sûr la voix off, le tout dans un ton décalé à souhait. Par exemple : le personnage explique « A un moment, ils se sont mis à déconner et à me placer de partout », et en même temps nous pouvons voir une photo de la jaquette de Mario Kart, avec la tête de Matt Hazard greffée sur celle de Mario ! Mais cela ne s’arrête pas là. Les ennemis sont également très savoureux, avec entre autres un homme avec un fort accent allemand sortant « Je suis ton pire cauchemar, sauf qu’il fait jour et que tu ne dors pas ! ». Sans oublier la description des missions qui se résume bien souvent à « Faire tout pêter ». Bref, un jeu qui donne la larme à l’œil tellement on rit devant. Enfin, sauf quand on se rend compte que la maniabilité est exécrable. Mais c’est une autre histoire.
Comment parler des jeux décalés sans glisser un petit mot sur le King, Duke Nukem ? Et oui, dans tous les cas il est incontournable. Le pitch même des titres prête à sourire : le macho man doit se battre contre des cochons venus de l’espace afin de sauver ses babes – comprenez par là : ses gonzesses rien qu’à lui, que personne d’autre n’a le droit de toucher. Alors bien évidemment, avec un scénario pareil, le titre ne peut pas réellement être sérieux… Le jeu est ponctué des phrases toujours de bon goût du Duke, telles que « Mes couilles sur ton nez et t’auras l’air d’un dindon », « Putain de Leeroy » (en référence à Leeroy Jenkins), « Ces enfoirés d’aliens vont payer pour avoir mitraillé ma caisse » et bien d’autres. Bon, ce n’est pas toujours très fin, je vous l’accorde. Mais c’est ce qui plaira à votre Jules, soyez-en sûres.
Bien sûr, ce ne sont pas les seuls titres à adopter un ton décalé et à être remplis de vannes devenues cultissimes avec le temps (j’en veux pour preuve le titre collector Conker’s Bad Fur Day), mais je voulais partager avec vous ceux que je préfère. C’est toujours un plaisir de me replonger dans Gex et de redécouvrir des expressions que j’ai pu oublier… Mais passons. Pour un résultat optimal, je vous conseille de lui faire jouer à un jeu en accord avec son humour (par exemple, Duke Nukem s’il sort des blagues machistes). Vous pourrez ainsi par la suite le faire passer en douceur à une itération plus en adéquation avec votre propre sens de l’humour.
Et voilà, c’est déjà fini, la chronique du mois de septembre s’achève. Ca a été un plaisir pour moi de partager avec vous ces quelques conseils, en espérant que vous avez également apprécié. Désormais, vous avez toutes les clés en mains pour transformer votre copain en parfait petit gamer. Et il y a des tas d’avantages ! Par exemple : vous engueuler sur le budget, c’est fini ! Vous n’entendrez plus jamais les sempiternels « Tu as ENCORE acheté un jeu alors qu’on n’a pas fait les courses ? On va devoir manger des pâtes jusqu’au mois prochain ! ». Non, à présent, ce sera plutôt « On a rien à manger mais je voulais vraiment ce jeu pour pouvoir jouer avec toi… ». Si c’est pas mignon. Si en revanche votre moitié ne change pas, ce n’est pas grave. Vous pouvez soit le laisser comme il est – car après tout c’est comme cela que vous l’avez pris !, soit continuer en douceur, à petites doses, jusqu’à ce qu’il comprenne que les jeux vidéo, c’est la vie. Si vous avez des critiques, conseils, remarques ou félicitations (comment ça j’ai les chevilles qui enflent ?), n’hésitez pas à nous les communiquer dans les commentaires, nous serons ravis de vous lire. Et si vous aimez cette chronique, n’hésitez pas à la faire connaître parmi vos amis et votre entourage, car c’est grâce à vous qu’elle vivra. Je vous donne rendez-vous dès le premier mardi d’octobre pour un tout nouveau dossier !
Vous y jouez déjà, vous perdez la moitié de votre vie (et de votre argent) dedans : j’ai nommé le très célèbre World of Warcraft. Pour lui faire apprendre vite et bien, je ne connais pas mieux. Mamour sera immédiatement plongé dans un univers impitoyable où il devra emmagasiner un nombre impressionnant d’expressions spécifiques. Pour se faire, il devra se créer un personnage (humain, elfe, nain, tout ça), rejoindre une guilde si besoin et allez se battre contre de vilains méchants pas beaux. Une fois parfaitement acclimaté, il lui arrivera cependant de confondre les mots. « Je vais farmer, à ce soir » « Heu, travailler tu veux dire ? » « Ah oui. T’as compris toute seule, tu roxx ».
Ce langage ne lui suffit pas ? Apprenez lui le leet (ou 1337 pour les intimes) ! Mais là, c’est un autre niveau. Il lui faudra tout sa concentration, et vous toute votre patience pour lui permettre d’assimiler ce mode d’expression plutôt spécifique au monde des informaticiens. Mais bon, si ça lui fait plaisir… « Comment ? Tu ne parles pas le 1337 ? C’est dommage, tu loupes des tas de choses, si tu savais ». Vous connaissez le truc de la culture et de la confiture ? Moins on en a et plus on en étale ? Il risque de devenir comme ça.
Bon, ok, le leet c’est vraiment extrême, et ça m’étonnerait que vous l’employiez souvent. Du coup, le langage « basique » des meuporgs devrait lui suffire. Il en saura suffisamment pour suivre vos conversations, mais pas assez pour dire des bêtises. Parce que s’il ne connait rien au monde du jeu vidéo, il risque de vous mettre dans l’embarras devant vos copains en sortant des énormités du genre « Je trouve que Tomb Raider est un très bon survival horror ». Mon Dieu.Conseil n°14 : Le laisser déchainer ses pulsions destructrices (pour éviter qu'il ne tue le chien de la voisine (ou même la voisine))Le caniche des voisins qui aboie à trois heures du matin, il n’en peut plus, et d’ailleurs vous non plus. Mais à vrai dire, il vous inquiète un peu quand il passe des jours entiers a établir des plans afin de faire taire cet animal diabolique, ou de faire disparaître ses propriétaires… Bien sûr, ce n’est qu’un exemple. Cela marche aussi avec son patron, la caissière du supermarché, les enfants à la sortie de l’école, voire même sa belle-mère. Il est alors temps pour vous de réagir et de dégainer votre arme secrète (enfin, plus tout à fait) : les jeux vidéo. Et cette fois-ci, nous laisserons nos Jules se déchaîner à loisir grâce aux beat’em all et aux jeux de combat. Ah, c’est beau la technologie.
Titre de combat certainement le plus célèbre de tous les temps, je vous présente Street Fighter. Apparu pour la première fois en 1987 en arcade, puis en 1992 sur consoles et avec seulement huit combattants, il en compte aujourd’hui pas moins de 39. Votre moitié aura de quoi faire mumuse des heures durant. Et bien évidemment, pas de sexisme ici : homme ou femme, chacun en prend pour son grade, que ce soit Chun-Li, la chinoise aux grosses cuisses ou Guile, le militaire américain à la coupe de cheveux improbable. Votre copain sera ravi de balancer des boules de feu dans tous les sens et de devenir le meilleur combattant au monde. Rien que ça. « Hé, hé, t’as vu, j’ai enfin fini par battre Bison, c’est moi le plus fort maintenant ! ». Trop mignon.
« Salut, moi c’est Kratos, et je vais tuer tout le monde dans une effusion de sang ». Voilà à peu près le pitch de la série des God of War. Dans ces titres, Chéri chéri incarnera un commandant d’une armée de sparte qui a un beau jour décidé de tout liquider sur son passage afin de sauver son âme et faire oublier ses crimes. Il sera donc légion de se battre contre des créatures issues de la mythologie grecque, tels que des minotaures ou des cyclopes, et d’étaler leurs intestins sur son passage. L’amour de votre vie pourra laisser libre court à la bestialité qu’il refoulait jusqu’alors, histoire de ne pas finir en prison. « Voilà ce que je lui ferais à cette saleté de caniche s’il ose venir s’aventurer dans notre jardin ! ».
Dans le genre effusion de sang à gogo, vous pouvez également lui mettre entre les mains Splatterhouse. Que ce soit dans la version old school ou dans celle sortie plus récemment, Jules se battra contre des bestioles cauchemardesques à souhait afin de sauver sa bien aimée. Car oui, dans ce titre il s’agit de venir en aide à une demoiselle kidnappée par une scientifique fou habitant dans une demeure glauquissime. Le joueur sera bien vite équipé d’un mystérieux masque décuplant ses forces. Et alors là, à lui le carnage. Toute sa rancœur accumulée des semaines durant pourra enfin se déverser sur quelqu’un. Ca vous évitera de voir débarquer la police à la maison « Je te jure chérie, je n’ai pas voulu lui donner un coup de poing, c’est parti tout seul »…
Bien d’autres jeux peuvent bien évidemment se prêter à cet exercice. Nous pouvons par exemple citer Mortal Kombat (du sang et des fatality), Devil May Cry (le héros possédant une épée ET des pistolets), Bayonetta (la sorcière sexy toute de cuir vêtue) ou encore Dante’s Inferno (où le héros prend carrément la place de La Mort, rien que ça !). Grâce à vous, votre copain peut enfin déchaîner ses pulsions destructrices, voire meurtrières, le tout en ne devenant pas l’ennemi public numéro un. Alors oui, les jeux vidéo peuvent être violents, mais c’est pour le bien de l’humanité. Promis, il sera beaucoup plus zen après. Voire même totalement méconnaissable « Bonjour Madame Machin, quel adorable petit chien vous avez là ! ». Mais là, ça devient surtout flippant.Conseil n°15 : Lui faire découvrir les joies du métier de dictateurOu encore de Dieu. Oui, rien que ça. Et bien oui, le monde vidéoludique permet toutes les folies, même les plus mégalomaniaques. Car bien évidemment, votre chéri rêve comme tout le monde d’avoir les pouvoirs absolus sur la population et la nature. Et comme par hasard, nous avons ce qu’il lui faut. Au programme des réjouissances : des God game et des jeux de stratégie où il s’agira de développer une population afin de conquérir la planète (tant qu’à faire). Il va adorer ça « Il n’y a que les vrais hommes qui peuvent mener leur armée à la victoire. Des hommes comme moi ». Oh oui, son côté viril va vraiment aimer.
Un must du genre, et le fait que j’y ai perdu beaucoup de temps pendant mon adolescence ne compte pas : Age of Empire. On choisit sa civilisation (Français, Teutons, Chinois, etc), on construit son forum, on demande à ses villageois de récupérer des matières premières et roulez jeunesse ! De plus, le mode scénario nous donne des cours d’histoire, mine de rien. Après avoir joué, Mamour sera ravi d’étaler sa culture sur Gengis Khan, Jeanne d’Arc, Saladin et autres Attila le Hun. Ne riez pas, ces titres m’on sauvé la vie lors de mes cours d’histoire, à l’époque reculée où j’étais au lycée… Mais passons. Une fois son armée créée, Chéri chéri ne se sentira plus et ira mettre la pâtée à la moindre petite tribu nomade ayant osé s’installer sur ses terres. Quand on vous dit qu’il ne faut pas leur donner de pouvoir à ces bêtes là.
Dans les God game récents, nous pouvons citer From Dust. Ne nous attardons pas sur les nombreuses critiques formulées envers la version PC du titre, concentrons nous plutôt sur l’essentiel : le système de jeu. Le joueur incarne bien évidemment un Dieu. Ce dernier a le pouvoir de modifier à sa guise son environnement afin de permettre à une tribu de rejoindre des totems. Et il lui faudra faire face aux intempéries : tsunamis, éruptions volcaniques, inondations, etc… Mais absolument rien ne résistera à votre moitié qui se prêtera volontiers au jeu. Et y prendra bien vite goût, prenant parfois un malin plaisir à tuer des personnages (un peu comme quand vous, vous mettiez votre Sim dans une piscine sans échelle). Mais heureusement, Monsieur est magnanime « Ah quand même, heureusement que je suis là sinon ils meurent tous ! ».
Dans le genre « Je suis un Dieu tout puissant, obéissez-moi où ça va devenir chaud pour vous », nous avons également Black & White. Dans ce titre, nul besoin de conduire des nomades près de totems, il s’agit plutôt de convertir les villages alentours à votre religion. Pour ce faire, il suffit juste de montrer qu’on existe grâce à un système de sortilèges basés sur les éléments. Ou plus simplement, vous pouvez exaucer les prières de vos fidèles (guérir des gens, obtenir de bonnes récoltes…), ce qui aura pour conséquence de les rendre encore plus pieux. Si en revanche vous faites la sourde oreille, ils arrêteront de vous vénérer. Et oui, pas facile facile la vie d’un Dieu…
Et ce n’est qu’un échantillon du nombre incroyable que l’on peut trouver de jeux de stratégie et de God game. Et il y en a pour tous les goûts ! Le dictateur sommeillant au fin fond de votre chéri s’en donnera à cœur joie « Ah ah ah, obéissez-moi paysans, je suis votre maitre incontesté ! ». Et c’est la même chose avec les titres le transformant en Dieu : « Nom de moi-même ! » s’écrira-t-il lorsque quelque chose le contrariera. Bien sûr, il risque de devenir quelque peu insupportable par la suite. « Fais la vaisselle, femme ! J’ai faim, apporte moi quelque chose à manger ! ». Dans ces cas-là, le mieux est de tout simplement l’ignorer. « Qu’est-ce qu’il y a ? Tu boudes ? Non, s’il te plaiiiiiis parle moi ! ». Et oui, n’oubliez pas que derrière chaque grand homme se cache une femme…Conseil n°16 : Lui montrer que les jeux, ça peut lui apprendre des vannes du tonnerreIl passe son temps à faire des blagues qui ne font rire que lui ? Je sais ce que c’est, et croyez-moi quand je vous dis que je compatis. Sincèrement. Le pire là dedans, c’est qu’il croit qu’il est réellement drôle, et qu’il a les moyens de monter sur scène pour se faire son one man show rien qu’à lui. Histoire de faire en sorte qu’il s’améliore sans pour autant le vexer « Comment te dire ça sans te faire de peine… », faites le jouer à des titres réputés pour leur côté décalé, leurs vannes de plus ou moins bonnes qualité et bien sûr leur humour omniprésent. Ainsi, l’amour de votre vie apprendra en compagnie des plus grands. Quant à vous, vous n’aurez (presque) plus à vous forcer à rire.
Parce que l’humour des lézards est encore trop méconnu, vous devez lui faire connaitre Gex. Arrêtons-nous surtout sur le titre Gex : Contre Dr Rez. L’histoire ? Oh, un truc plutôt simple : une femme aux formes généreuses est enlevée, et la petite bestiole verte – agent secret de son état – doit la retrouver s’il veut… hum… vous voyez, quoi. Le joueur démarre dans le manoir de Gex, demeure remplie de niveaux ayant chacun leur thème. Votre homme explorera donc le monde des pirates, des grecs anciens, des super-héros, du petit chaperon rouge, de Sherlock Holmes, des égyptiens et bien d’autres encore. Et bien évidemment, l’humour est omniprésent dans tout le titre, et c’est un vrai bonheur d’écouter les vannes que lâche Gex de temps à autres. « Gare aux explosions de foufounes ! », « Je suis le Gecko on the Rock ! », « Je vais te sucer… le sang », « A boire pour Long Gex Silver ! », « On le tue tout de suite ou on boit un café d’abord ? », « Le problème c’est que je ne parle pas le hiéroglyphe », « Le musée Blake et Mortimer s’il vous plaît ! », et encore tellement d’autres, chacune étant propre au niveau dans lequel vous évoluez. Sans oublier, pour les connaisseurs, de très nombreuses références au monde cinématographique. Une vraie petite perle.
Quelques studios n’hésitent pas à parodier le petit monde du jeu vidéo. Parmi les quelques titres du genre, nous pouvons retenir les Matt Hazard. Dans Eat Lead : The Return of Matt Hazard, les développeurs se moquent gentiment des jeux vidéo des 25 dernières années. Ainsi, dès l’intro, on nous met dans l’ambiance : on nous fait visionner une rétrospective des titres dont Matt était le héros, avec bien sûr la voix off, le tout dans un ton décalé à souhait. Par exemple : le personnage explique « A un moment, ils se sont mis à déconner et à me placer de partout », et en même temps nous pouvons voir une photo de la jaquette de Mario Kart, avec la tête de Matt Hazard greffée sur celle de Mario ! Mais cela ne s’arrête pas là. Les ennemis sont également très savoureux, avec entre autres un homme avec un fort accent allemand sortant « Je suis ton pire cauchemar, sauf qu’il fait jour et que tu ne dors pas ! ». Sans oublier la description des missions qui se résume bien souvent à « Faire tout pêter ». Bref, un jeu qui donne la larme à l’œil tellement on rit devant. Enfin, sauf quand on se rend compte que la maniabilité est exécrable. Mais c’est une autre histoire.
Comment parler des jeux décalés sans glisser un petit mot sur le King, Duke Nukem ? Et oui, dans tous les cas il est incontournable. Le pitch même des titres prête à sourire : le macho man doit se battre contre des cochons venus de l’espace afin de sauver ses babes – comprenez par là : ses gonzesses rien qu’à lui, que personne d’autre n’a le droit de toucher. Alors bien évidemment, avec un scénario pareil, le titre ne peut pas réellement être sérieux… Le jeu est ponctué des phrases toujours de bon goût du Duke, telles que « Mes couilles sur ton nez et t’auras l’air d’un dindon », « Putain de Leeroy » (en référence à Leeroy Jenkins), « Ces enfoirés d’aliens vont payer pour avoir mitraillé ma caisse » et bien d’autres. Bon, ce n’est pas toujours très fin, je vous l’accorde. Mais c’est ce qui plaira à votre Jules, soyez-en sûres.
Bien sûr, ce ne sont pas les seuls titres à adopter un ton décalé et à être remplis de vannes devenues cultissimes avec le temps (j’en veux pour preuve le titre collector Conker’s Bad Fur Day), mais je voulais partager avec vous ceux que je préfère. C’est toujours un plaisir de me replonger dans Gex et de redécouvrir des expressions que j’ai pu oublier… Mais passons. Pour un résultat optimal, je vous conseille de lui faire jouer à un jeu en accord avec son humour (par exemple, Duke Nukem s’il sort des blagues machistes). Vous pourrez ainsi par la suite le faire passer en douceur à une itération plus en adéquation avec votre propre sens de l’humour.
Et voilà, c’est déjà fini, la chronique du mois de septembre s’achève. Ca a été un plaisir pour moi de partager avec vous ces quelques conseils, en espérant que vous avez également apprécié. Désormais, vous avez toutes les clés en mains pour transformer votre copain en parfait petit gamer. Et il y a des tas d’avantages ! Par exemple : vous engueuler sur le budget, c’est fini ! Vous n’entendrez plus jamais les sempiternels « Tu as ENCORE acheté un jeu alors qu’on n’a pas fait les courses ? On va devoir manger des pâtes jusqu’au mois prochain ! ». Non, à présent, ce sera plutôt « On a rien à manger mais je voulais vraiment ce jeu pour pouvoir jouer avec toi… ». Si c’est pas mignon. Si en revanche votre moitié ne change pas, ce n’est pas grave. Vous pouvez soit le laisser comme il est – car après tout c’est comme cela que vous l’avez pris !, soit continuer en douceur, à petites doses, jusqu’à ce qu’il comprenne que les jeux vidéo, c’est la vie. Si vous avez des critiques, conseils, remarques ou félicitations (comment ça j’ai les chevilles qui enflent ?), n’hésitez pas à nous les communiquer dans les commentaires, nous serons ravis de vous lire. Et si vous aimez cette chronique, n’hésitez pas à la faire connaître parmi vos amis et votre entourage, car c’est grâce à vous qu’elle vivra. Je vous donne rendez-vous dès le premier mardi d’octobre pour un tout nouveau dossier !
dossier réalisé par Shauni_chan
Le Village PCA
