Test de jeu / / Anno 2070

- publié le 13 décembre 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :2011
- Développeur :Related Designs
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Thème :Futuriste
- Genre :Gestion
- Nb de joueurs :1Online :Oui
Treize ans après l’arrivée du premier épisode de la saga Anno sur nos PC, le jeu revient dans un épisode sobrement sous-titré 2070. Après avoir fait le tour du Moyen-Âge et de la Renaissance, la série s’attaque à un tout autre versant de la gestion, prenant place dans un futur proche dans lequel la Terre est en grande partie immergée. Ce bond dans le temps est-il un bon point pour le jeu ? Le charme opère-t-il toujours autant ? Réponse sans plus tarder dans ce test complet.




Un bateau pour les gouverner tous !On l’a dit, Anno 2070 délaisse la Renaissance et le Moyen-Âge qui ont fait sa force par le passé pour faire un petit bond dans le futur, à une époque où le monde n’avait visiblement pas écouté Eva Joly : le réchauffement climatique est à son apogée, la fonte des glaces est importante, et la montée des eaux est impressionnante. Résultat, de nombreux pays ont disparu de la carte tandis que d’autres sont désormais immergés en partie. Quelques élus héritent alors de la possibilité de diriger un Ark, sorte de poste avancé flottant servant de quartier général avant la colonisation de nouvelles terres. Sur cette Terre « nouvelle », deux factions s’affrontent. Les Ecos, les écologistes de service, privilégiant une économie verte et durable, et les Tycoons, véritables industriels puisant sans vergogne dans le peu de ressources restant sur notre belle planète bleue. Une troisième faction viendra par ailleurs s’ajouter au cours de la partie, les Techs, capables de coloniser les fonds sous-marins pour apporter une autre dimension au titre.
Mais Anno, qu’est ce que c’est, au juste? Jeu de gestion – voire de gestion de production – par excellence, le titre propose aux joueurs de coloniser une île en construisant, pour commencer, des domiciles pour ses premiers habitants. La nécessité de bâtir un entrepôt intervient ensuite, afin de stocker les matières premières et produits finis nécessaires à la survie et l’épanouissement de la population. Le but du jeu est très simple après tout cela : faire en sorte que les habitants de son île soient les plus épanouis possibles. Et puisque Anno 2070 se veut « réaliste », ces personnes ont des besoins tout à fait classique, qui répondent à la fameuse pyramide des besoins de Maslow, chère à tous ceux qui, comme moi, ont suivi des cours de management et tentaient de caser coûte que coûte l’expression dans leurs dissertations. Le principe est simple : le bien-être des gens passe par la satisfaction de besoins de plus en plus complexes. L’instinct de survie prime tout d’abord, et il va falloir leur fournir suffisamment de nourriture pour répondre à leurs attentes. Viennent ensuite des envies un peu plus évoluées, comme se divertir en allant au théâtre ou au casino. Puis les modes de vie évoluent encore, avec la volonté d’obtenir appareils électroniques, nourriture bio, etc.




Deutsche QualitätPour répondre aux attentes de son peuple, le joueur va devoir créer diverses usines, diverses chaînes de productions. Si les produits de base ne demandent qu’un simple bâtiment (un petit port de pêche pour attraper du poisson par exemple), des assemblages plus complexes demanderont d’en ériger trois ou quatre, voire plus. Offrir des makis à vos concitoyens passe ainsi par la construction de rizières, de champs de légumes puis d’une usine à makis. Des combinaisons qui peuvent sembler basiques, mais qui vont vite devenir un véritable calvaire à gérer au fur et à mesure de l’avancée dans la partie. Les difficultés surviennent en effet très vite : îles non fertiles pour certaines matières premières (avec la nécessité de coloniser d’autres îles donc, ou bien d’effectuer du commerce avec d’autres joueurs), présence de pirates, citoyens non contents, difficultés d’approvisionnements, manque de matières premières, j’en passe et des meilleurs. Les problèmes sont nombreux et seuls les plus valeureux parviendront à garder une cité en « bonne santé ».
L’interface du jeu est pourtant très bien pensée et on identifie clairement quelle ressource est nécessaire à quel produit fini. On regrette malheureusement l’absence totale de didacticiel, extrêmement préjudiciable, qui aurait pu permettre aux débutants de mieux dompter tous les aspects du jeu. Pas le moindre petit tutorial ne vient pointer le bout de son nez, pas même au début de la campagne solo. Une campagne que l’on pourrait par ailleurs qualifier de totalement dispensable tant son intérêt est nul. On se contente de suivre bêtement des ordres sans avoir le moindre libre arbitre, ce qui est tout de même l’un des principaux intérêts d’un jeu de gestion. Mieux vaudra donc se tourner vers les parties libres, bien plus convaincantes. Dans celles-ci, il faudra s’armer de courage et de patience pour parvenir à gérer les situations qui se présenteront bien souvent toutes en même temps. Bien évidemment, les problèmes iront grandissants et la situation ne s’améliorera pas en fin de partie, lorsque le joueur récupérera les plans de construction des bâtiments adverses – y compris des Techs – et devront tenter de faire cohabiter des populations aux envies diamétralement opposées.
Du côté de la réalisation technique, le travail accompli par les équipes de développement nous laisse perplexe. C’est principalement au niveau du choix des couleurs que l’on se pose quelques questions. Exit les couleurs chaudes et vives, on se retrouve cette fois avec un titre tout en nuances de gris, en couleurs froides telles que le bleu ou le vert. C’est dommage, car les graphismes en eux-mêmes sont réellement réussis. Certains effets, particulièrement au niveau de l’eau, sont criants de réalisme. Les bâtiments sont magnifiquement modélisés, tout comme les décors qui sont plein de vie ; habitants, véhicules, animaux, tous vivent leur vie et vaquent à leurs occupations dans leur coin, comme si de rien n’était. Cela n’est bien évidemment pas sans conséquence et il faudra être équipé d’une machine suffisamment puissante pour faire tourner le tout sans accroc. Related Designs, développeur du jeu, conclue le tout avec brio en proposant des musiques qui collent parfaitement, ni trop discrètes, ni trop intrusives. Les bruitages et doublages français sont également très convaincants, parachevant un titre de grande qualité.
• Un gameplay éprouvé au fil des épisodes
• La schématisation des différentes lignes de production
• Trois factions complètement différentes
• La Campagne complètement inutile
• L'absence de tutoriel
• Le choix des couleurs assez peu judicieux
Verdict
Avec Anno 2070, Related Designs et Ubisoft réussissent le pari de transposer l'univers de la saga du Moyen-Âge jusqu'à un futur proche. Les codes et principes restent les mêmes, seul le cadre change. Si l'on regrette quelques choix faits au niveau du design (principalement le choix des couleurs, trop fades) et l'absence d'une campagne digne de ce nom, le titre reste malgré tout une référence de la gestion sur PC. Grâce à un système économique complexe mais malgré tout assimilable simplement, le jeu parvient à tirer son épingle du jeu par rapport à la concurrence. En apportant de petites nouveautés à droite et à gauche au gameplay des précédents opus, ce Anno 2070 parvient à sublimer la série. Une belle acquisition pour les férus de jeux de gestion.
Le Village PCA

Graphismes
7 / 10Si on regrette le choix des couleurs bien trop pastelles, la réalisation graphique reste excellente. Les décors sont très bien modélisés et pleins de vie.
Jouabilité
7 / 10L'absence de tutoriel est préjudiciable au titre. Toutefois, même le néophyte parviendra sans trop de mal à s'en sortir après un temps.
Son
8 / 10Les musiques, les bruitages et les doublages en français sont de bonne facture et permettent de s'immerger totalement dans les parties.
Durée de vie
8 / 10Le mode partie libre permet de revivre une expérience nouvelle à chaque fois. On regrette que la campagne soit si peu intéressante.
Fun
7 / 10Même si l'absence d'un tutoriel peut décourager, le soft est parfaitement jouable après quelques petites heures. Anno reste la rolls du jeu de gestion !